Cofmographîe Vniuerfelîe
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tfie't aux
poudres. I
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weglaH, Tejrafl, ôc la grande ville de Manocjue, qui eft aflèz efloignee dudit mont, en
laquelle on voit la magnificence des baftimes Se palais que les anciens Rois y ont faicl:
Faire, auectel artifice, que par là on peultiuger que ces Rois anciens eftoient gensde
bon e/prit,& prenoient fihgulier plaifir aux hommes qui fçauoiët faire quelque cho-
fe.Et qu'il Soit vray,ce Manzpr, qui feit baftir la ville de Cefir Elcabir, qui eft près de
Arzille3& aucuns la nomment encor Arzille,auoît dreffé des Efcholes pour toutes les
feiences en (à grand ville de Marroquerôe ce fut à Iuy,quc 2{azjs médecin Arabe ( na-
tif d'vn village près la montaigne Totec, nommée des Arabes du pais Ra/tn) dédia fès
tiures dé la médecine. Certains médecins Iuifs, eftant de pardelà,m'a/îêurerent auoir
yeu,de ce doflre personnage Razis,de trefbeaux liures entre les mains de quelques Sei-
gneurs Arabes, efcrits en leur langue, deiquels les Grecs ne Latins n'eurét iamais co-
^noiflânee. Encor auiourdhuy l'vn des principaux trafflcs qui fy face, eft des Bibles
:n Hebrieù queles Arabes Se Iuifs acheptent quarante & cinquante ducats, & leur
coufterbiènt bien d*auantage f' il leur falloit faire eferire d'autant qu'ils n'ont point
d'imprimeries^non plus que les Turcs,Perfiës, Arabes & Grecs & n'eft permis qu'aux
Doclreurs dé leurloy & aux plus grands d'auoir des Bibles 8c hiftoires imprimées,
pour netoniber (à ce qu'ils difèht) auk erreurs des Chreftiês & iî de cas fortuit ils en
ontjdifèrit àiioir éfté augmenté ou diminué quelque chb{è de rhiftoire,pour n'entrer
en quelque fèrupule de leur îoy & confeience rheffnes tous autres liures ( que les A-
rabes du pâïs appellent Èlkiteh.) exeufè nonreceuable, pour eftrefeparez de l'vn ion
denÔfbe'ïàincleEglifelï-eRoyfeplaiftëncfôdiuei^tez^c qui veùlt
jaë les ëftràngèrs fbieht en affeurance en fa terre Ledit Roy dans fbri Palais à vne E-
^lifèfort fumptueufe,nommee en langue Môrefque 'cAlgernà,&. en Ethiopiquec^
wadeza,! laquelle y a vne treshaute tour, qu'ils n omment Ejfor & de faict, eft fi treC-
lault efléuee que de la part du midi on h voit de fept grandes lieues au fommet de
laquelle y a trois^groflès pommes maflïues de fin or,le{quellêsceux du païs nomment
Fopha & me fuis laiiîe dire qu'elles pefent chacun e fept cens liures. L'hiftoire de ce
peuple Hâfàné dit que ce fut vn Roy dû païs de îa G uiBee, 'qui eii fit prefent au Roy
deMarrôqué pour ^^recognoilïànce de quelbue àyde qu'il atfdit réceu de luy contre
tés ennemis. Ce que le ne f çaurois confeiler attendu c[ue et rùt^n Seigneur du pais,
réputé entré ces Barbaresjhomme de fàincT:e vie,lëquel par deuotion,eftant riche des
Wèris du monde^àpres fon voyage faiét à MedinéTlôc à la ;Mecque, donàpour vn mé-
moire pérpetuelV ces trois maifes d'or lefqùèlles le peuple a en fi grande reuerence,
qu'il n'eft permis à homme viuant de les toucher ne manier qu'aux Préfixes de leur
Ioy filsne veulent àùoir l'indignation de leurs Prophètes. L'an mil cinq cens foi-
xante neuf le feu feftant prins aux poudres des grands magazin s de la ville, laplu£-
grand partie derEglife fîifdite fut renuerfèe & ietteëpar terre.Par tel defàftre furent
occis quelques quatre cens perfbnnes,fàifànsléurs oraifohs dans ce Temple. -Deux:-
mille trois cens autres perfonh es fans comprendre ^rand nombre de beftes comme
chameaux^cheuaux & mulets,furent auffi mis à mort en diuers autres lieux de la ville,
Se furent tous les habitansd'icelle fi efmeuz, qu'à mefmfririftaht chacun print les ar-
mes pour courir fur les pauures Efèlaues Chreftiens:fi qu'en telle furie en furent mis à
mort enuiron quatre cens:& ne tafchoit ce peuple auare,que de f attaquer à la perfon-
neduRoy,& feruerfurfes trefors. Mais comme Dieu aydèfouuentefois à vn Payen,
l vn fol Se infenfé, auffi ayda il lors à Moulé leur Roy, qui ne fe trouua en ce-
fte première furie, attendu qu'il eftoit malade, y auoit neuf iours entiers, d'excez qu'il
auoit fait de trop boire de ce bon vin cuit qu'ils appellent en leur langue %oc(] auec
fes concubines ôe Efclaues,comme il fait toutes les Lunes,accompaigné de fes plus fa-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, G-450