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cHcfjà fîrTïïe ne tomber vifs en la main de leur ennemi & feruir de pafletéps aux Ly-
biens 6c Arabes,foccirent autant hardiment, comme leur fai eftoit deteftable. Mais
entendez de quel genre de mort. Ils auoiét quelques fauconneaux & car:ons,auec des
caques de poudre &boullets: ils les chargent, & mettent defîiis les richeffes pillees
au Cherif: puis donnans feu fe prefentent à la bouche defdites picces, non fans vn
grand eilonnement de tout le camp,qui loua grandement leur hardieffe, tant d'auoir
ofc tuer vn grad Roy au millieu de fon camp, & de fes terres, & puis apres feftre tuez
pour fuir vne mort honteufe. Voila quelle fin eutee grand Roy, aagé de fbixâte neuf
ans dix mois,quâd il fut tué. Il eiloit affez gracieux & bening:fe faifoit aimer de tou%
fimple en habits, ôcaccouftréàlaMorefque, & quelquefois à laTurquefque,commè
pouuéz voir par le pourtraiâ:,cy deuat mis/ait au naturel,par vn peintre fori efclaue,,
duquel ie l'ay recouuré, mefmes à la façon & manière comme il prefehoit publique-
meiît,non aux mofquees Turquefques, ne à celles des Iuifs ou Eglifes des Chreftiensj
ains en pleine çampaigne,quelquefois aux grades places^publiques des villes & bour-
gades:& permettoit ce gentil Miniftre généralement à toutes nations, fans reprehen-
lion quelconque aïlifter aies prefehes & con uenticules. Et comme aujïi & mort fut;
végee par fon fils,lequel regne auiourdhuy,comme ie diray ailleursrlequel auffi n'éftj
fi fcrupuleux zélateur de la {ùperftition Mahometane qu'efloit fondit père ,-ains vfei
de viades défendues en ià loy,ôç boit du vin qu'on luy apporte d'Efpaigne,ne Ce fou7 j
çiant que de-fà grandeur & forces. Au refte, ie me plains icy.de quelque vn s,, fn'ay and
ouy dtfcpurir de la preièntehiftoirc qui me l'ont tellement quellemént de|robee,&
faitimprimer la mettant au rang des fables, ou hiftoires tragiques, fans rainenteuoirj
auJLe&ur^ekdjteru'IiQireeiteitvenuedemcslabe^^ ,r ;,]
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Pwrjûke du Royaûnie de M arro c^Ve.- 'Etricheffe.de la grand y>iUe,&
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E RDY.A.y me ducoftévduPonentjeftvoifindela mér,tirantà là
prpuiticede Su, quieften l'extrémité d[ Afrique vers l'Océan, tirant a
1'Quelti & vers leMidi aux areines du deièrt de Marroque & allant
verslG-Noit,le mont Atlas eft fa fin & limite ôc a les villes jfuyuâtes,à
fçauoir a^/f^^qui eft furie bord de la mer,où fe prennent des bâf
leines,quoy q raremet.7>«>»f ell fur la riuiere de Sude,ba$jnecn trian-* j
'gleccejfl là qu'on fait de bons marroquins,qui eft le plus grad trafic qui fy face, & dii
jfiicre yn peu noir,qui n'eftfi bô que celuy de Madere,6c autres lieux.Apres y e&Toro*
\dàntiÏQÏngâe- Teijeut quelques douze lieuësîpuis Tedfî,cn terre ferme quelques vingt: j i_
kinqiieuësipuis Tagauefi,h plusgrande ville de tout le pais voifin de Marroque. Or j l'
Marroqiie eft pais abon dant en grains^ & beftial comme auffi il y a beaux pafturages
& force arbres,à caufé d'vné infinité ;de neuues, ruiiTeaux &c fontaines qui îarrôufenti j
& eft prelque tout le païïàge en planure. Les motaignes y font trefrroides,6c par con-'
fequet affez fteriles,où ne erpift rien que de l'orge. Il y ànombreinfini de villes, com- j
;me eftât la région de Mauritanie apres lepaïs maritim, qui a eflé de tout temps la plus j
jhabitee. Mmuba eft vne ville ruinée au pied du mont Atlas, fur lequel efl baftie vne
fortereflè que ceux du païs appellent Imegiagen. C'eftcelle où quelque temps auant
que le Cherif fen feiilRoy,y eut vn hérétique deleurloy, nômé Homar-efiicef, (non
celuy qui eftoit du temps de leur Prophete) qui fyretiroit3apresauoir commis mille|
efpeces de cruaultez fur tout fexe des hâbitans d'alentour mais a la fin il fut occis par
les Arabes. Vous voyez autour du montres villes Tenez^a, Delgumutie, ImizrnizjJ'io^-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, G-450