_u Préface* a in j me foit creature merueiîleùfement bien accomplie, G n'eft il neantmoins qu'orga- ne,& infiniment des a&es vertueux,defquels Dieu eft la première caufe de façon qu'il peut eflire telles perfbnnes qu'il luy plaift pour exécuter ton deflein fbit par mer ou par terre. Et comme celuy eft vituperable, qui pour vne auance & appétit infàïiable de quelque bien particuiier,fe hazarde indiferetementrau contraire celuy eft digne de louange, qui pour PembelliiTement & contentement de ton efprit, & en faueur du bien puSlic,s'expofe libret-nent à toutes difficultez. Ce qu'a bien fceu pratiquer le fàge Socrates, & apres luy Platon fon difciple, lesquels non feulement ont efté contens d'auoir voyage en pays eftranges pour acquerir le comble de Phi- lofophie mais aufli pour la communiquer au public fans efpoir d'aucun loyer ne recompenfe. Cicero n'a il pas enuoyé fon fils Marc à Atlienes, pour ouir en partie j Cratippe,en partie pour apprendre les meurs & façons deviure des Atheniens?The miflocle non moins expert en l'art militaire qu'en Philofophie 8î cognoiflance de la marine, pour monitrer quel defir il auoit d'expoferfàvie pour la liberté de fon pays,perfuada aux Atheniens, que l'argent recueilly es mines que ion auoit accou- fturné de diftribuer au peuple, fuft conuerty & emploie à baftir nauires & autres vaiîïeaux,pour faire guerre à Xerfès.Qui caufaà Sefeiic Nicanor,à l'EmpereurAu- gufte,& a plufieurs Princes,de porter dans leurs monnoies,deuifes,.& enfeignes, le Daulphin & l'Anchre de la nauire, finon pour donner inftru<5tion à la pofterité, que l'art de la marine eft le premier, & de tous les autres le plus vertueux? Et toutef- fois la nauigation eft toufiours accompagnée de péril comme le corps de fon vm- bre. Ce qu'a bien montre quelquefois Anacharfe PhiLofbphe lequel s'enquerant de quelle efpeffeur eftoient les ais & tables dont font compofez les nauires: & la re- foonfe a luy faicie qu'ils eftoient fèulemët de quatre doigts, dit que la vie de celuy qui fur tels vaiffeaux flotte en mer, n'eft non-plus efloignee de la mort. Or(amy le£teur)pour auoir allégué ces excellens perfonnages, n'efl pas que ie m'eflime leur deuoir eftre comparé, encores moins les egaller mais ie me fuis perfuadé que la grandeur d'Alexandre n'a empefché fes fucceffeurs de tenter la fortune iufques à rextremité:auflln'alefauoir eminent de Platon iufques la intimidé Ariftote qu'il n'ayt à fon plaifir traité de la Philofophie. Tout ainfî à fin de n' eftre veu oifif &c inutile entre les noftres,non plus que Diogenes entre les Athéniens, i'ay bien vou- lu reduire par efcrit, & deduire par le menu, ce que diligemment i'ay veu & obfer- ué en mes nauigations loingtaines,par moy faiétes es quatre parties du monde. La première desquelles efl l'Afrique, laquelle prinfe depuis le Promontoire de Bon- efpetance,dk des Acthiopiens Urd-^tbar iufques a la mer Mediterranee,conticnt Septante & vn degré de latitude, qui vallent felon ma filppuranon deux mil cent trente lieuës Francoifes Et en fa longitude depuis Cap-de-Verd, ou Taga^ en lan- gue Morefque,iufques a celuy de Gadafumi qui aboutift à la mer rouge, nommée des Abiffins Babar, Ôc des Arabes Zocoropb, elle aîèptante cinq degrez, qui font en ceft endroit deux mil deux cens dix neuf lieuës. Et combien que de noftre temps (ne de celuy mefme des anciens)nul d'entre nous ayt veu l'extrémité de l'Afie, ditte du peuple d'Orient Anadoida^du. cofté Septentrionalrfi eft-ecqueie diray fans feru pule,qu'elle contient en latitude feptante degrez,quifont deux mil cent lieuës Franj 1 .Li,ellecont-eii çoifes:& en fa plus grande longitude, prifedu bord de la petite A fie iufques a Me du /^ d'vn mefme parallèle elle a cent dixhuit degrez, qui vallent en j
ceft endroit deux mil hui6t cens trente deux lieuës.Cefte noftre riche & populeufe .1
Europe ne contient en fa plus grande latitude que quarâte degrez pour le plus qui;
font douze cens de nos lieuë_s,&: en fa longitude,£rinfcpres le vingtiefme parallèle,!