| j~ Cosmographie Vniuerfèllc Moralath j mite. Mlmltres, | \yi.arani-\ I Jtes ont eau fé degrâds maux. 'j. Ùu Cherif, occupateur des "Royaumes de Fez., Marroque, Stt,&* Tremijftn,/ôui>z. prétexte d\nejècienouuelle. C H A P. V. AHôMïTHa iadis efté vn flambeau ardent, qui feft efpandu pat* l'Afie &c Afrique, & duquel depuis les étincelles fè font auacees iuCj ques en Europe.Mais comme toute chofe prenant commencement,! n'a point tout foudain fa perfection, auffi la mefchanceté de fes fuc-j ceffeurs, n'ayant eu fà confommation a laiffé à ceux qui font venuzi apres,de parach euer ce qui reftoit en leur vilennie,impureté & here-l ùe.Qu'il foit ainfi,enuiron l'an de noftre Seigneur i j 5 8.vn certain faux Prophete des, hérétiques de Mahometh fè reuolta contre les interpretes de l'Alcoran, Se auec la pa-; rôle, imitant fan précepteur, v fa du glaiue Se fè feit Roy du païs fur.le propos du- j quel ie me fins arrefté.A fon exemple long temps après fefmeut en Afie Sakb Ifmael,) ce grand Cbaf-Ca/ëlbas, que nous appelions le Sophi36c feit reudkér les Perfes & Af-| | fyriens,non de l'Alcoran, mais de ceux qui l'auoient interprète: d'où font forties tant de guerres,querelles & difïènfions,que l'Orient a veu infinis meurtres & fâceagemens) pour cefte folie. A lafin, l'Afrique qui efl: couftumiere d'engendrer plufieufs chofe&| nouuelles,a de mon temps produit vn homme autant fin & mefchant, que hérétique qui oncques fe meit en campagne & qui feft faiâ: plus grand en richefïes que ne fur oncMahometh,& prefque aufli efpouuantable en force; que celuy qui foubzle nom de Sopbi- donne loy aux Arabes, Perfes & Afïyriens ôcla puifTance 'duquel f'eftendj iufques aux Indes,& qui pour l'heur des Chreftiensfèrt d'eflonnemét à empire Tur- r qnefque. Ce galand eftoit natif des montagnes tant renommées foubz le nom d'Atlas, d'vn villagenommé Gaher,&c de condition fort baffe & populaire,toutefois eflimé à caufe de fa vacation qui eftoit d'eflre Morabuth, ceftàdire, Hermite &c homme de fàindle vieren noftre langue.il comméça à préférer fes folies en Afrique, enuiron l'an de noftre Seigneur 1 5 1 4, auquel temps nous fèntions defiales tumultes d'opinion en laChreftienté:8cfèmbloitquece cïk'orabuth fèruift de prefàge àeeque nousauonsj depuis îenti partout le Chriflianifme.Et fault n oter que au mefme temps que Martin j Liither trauailloit la Chreftienté en l'Europe, ôc que les Rois & Potentats fè penoient d'efteindre céfte torche de ruïne,ce vénérable Morabuth faifbit le mefme en Afrique: & ne penfez qu'il fuft de plus grand calibre que Luther d'autant que c eftoit vn pau- ure fanton & beliftre d'Hermite, qui toutefois aucc fes prefehes feditieufès otla vn grand nombre deRois de leur fiege. L'Afie encorn'eftoit fanstrôub^e pour mefme faid:,& par gens de pareil degré,que les deux fufdidte. Car en Perfe, dutemps que Se- lim auoit l'Empire des Turcs,enuiron l'an 1510, vn certain Mahometan,à fin de trou- j bler l'eftat des Princes de fà nation,8c fagradi^ainfi qu'il au oit veu Saich lfinael eftre- j deuenu grand par & auec mefme moyen, tafcha de faire vne fèfte à part, & condam- ner Halyficlan, Homar, Calba,<^4bochaim, Azebar^ZeidJetrib 6c tous les autres Do- j éïeurs de Furcan qui eft à dire l'Alcoran. Ce galand fappelloit Cadi Ingé, èc feittant qu'ayant gaigné grand multitude de peuple^l conquift plufieurs pais 8c prouinces,6c fut caufe de plufieurs fàccagemens, meurtres, & pillages tellement qu'en ceile guerre mourut plus de foixante à quatre vingts mille hommes mais ayant à faire aux Turcs, PerfcSjSc Arabes,il fut deffait aufïîtoft prefque comme il commença fon herefie.Ain- fi n e fut il de ce Morabuth Africain:lequel auant qu'inciter le peuple à prendre les ar- mes, & fè reuolter à leurs Princes, & à exterminer ceux qui eftoient de loy contraire, comme fin & cauteleux qu'il eftoit,vfà de telle fimplicité de vie, & d'aufterité fi gran- de, que les plus fages & mieux aduifez eftoient deceuz de la caphardife de ce reuerëd.