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î Cofeographie VrriirerfèHe

des anciens:

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l'aduentùre, à la fin pàruindrent en ce"deftroic£: 8c vôyansnmpoffîbiîité d'aller plusT
outre./ arrefterent la eftimans que ce fuft le dernier terme du monde. Auquel lieu ils
baftirent vn temple vers l'Eft eftoient des Colomnes de bronze, longues de huid:
coudees,fur lefqtielles efloit la reprefentation de ce grand Hercules,qu'ils eflimoient.
élire au nombre des dieux auquel ils faifoient vœuz ôc ïacrifices à fin qu'il leur fuft
propice en leurs nauigations, eftans en feignez parleurs Preftres &c Sacrificateurs, que
eftoit la fin de la terre, & qu'il n'eftoit loifible de pafïèr plus outre. Les Marroquiés
ont par efcrit en leurs hiftoires (que ils gardent aulïi foigneufèment que les Arabes
leurs voifins çôme ils m'ont dit) que ce fut Theodofè,Prince Espagnol, depuis Em-
pereur des Romains, qui fit baftir ce temple auec force représentations ce que ie ne
leur peux accorder pour-autant que ces Barbares ne regardoient pas, comme ie leur
disjCombien ce Prince (qui fut de la lignée de Traian,qui auoit eu tant de victoires a-
lencontre des Huns & Goths) ôc fa femme Placiile, furent entiers en leur religion, &
hayffans la fuperftition des Gentils:ôc qu'au refte ce temple eftoit drefïe plus de mille
ans auant qu'il nafquift & fut deftruit ôc ruiné par les Barbares, ainfi que i'ay dit. Ce
Monarque •yiuoit trois cens o&antefix ans apres noftre Seigneur, & Hercules mille
deux cens quarante fept au parauant. Autres difent autrement, fçauoir, que en ce dc-
ftroifft y auoit eu autrefois dés Statues érigées en IVne & l'autre des montaignes, les-
quelles adm on efloiét les mariniers de ne pafïèr point outre,à caufe qu'il n'y auoit rien
plus qui fuft habitable mais que les Barbares y venans,pour fe venger,& anneantir la
mémoire heureufè des premiers baftiilèurs les auoient abbatues enuiron l'an de no-
Ure Seigneur mil cinquante fèpt.Cela n'infère pourtant,& ne me donne preuue fuffi-
fante, que ce fufTent les Colomnes d'Hercules, veu qu'il y a bien difference,fi ie ne fuis
trompé, d'vne Statue a vne Colomne & fuis affairé que Bupale & Antherme, freres,
Inmlaires Çhips,maiftres ftatuaires & maçons, ,ièroient en ceft endroit de mon cofté.
Voyla que i'ay voulu dire pour le contentement du Lecteur pour reuenir au nuage
de noftre deftroid:, lequel eft fi abondant en herbage,comme fâulfèmët quelques vris
ont mis par efcrit, qu'on eft contraint de faigner le beftial, à fin que la gracie ne le fuf-
fôque,& d'autres luy donnent autres remedes:au contraire toute cefte cofte eft la plus
fterile en pafturage qui foit au mon de. le confefïè & accorde bien que ce terroir eft
beaucoup meilleur que les hommes, lefquels y font pareifeux à cultiuer la terre, mais
fort prompts à brigander.Pour le iourdnuy,c eft vn vray magazin & retraite vo-
leurs, courfàires, pyrates, & efeumeurs de mer, affemblez de plufieurs nations eftran-
ges-,6: tous ennemis des Chreftiens, lefquels voltigent auec leurs nauires & galiottes,
eftans en aguet fur les marchans qui trafiquent en Barbarie, de quelque cofté de la
Chreftienté qu'ils y viennent. Et ce qui eft le plus à plaindre, c'eft la perte de tant de
gens de bien, prins fur la marine & ailleurs, qui font menez eiclaues, & qui fouuent
font contraints par les inhumanitez Barbarefques, de renoncer leur baptefme ôc reli-
gion.Ce lieu giil,felon la haulteur que en ay prife par deux fois en le pafTint3à tren-
teliuicl: degrez de la ligne,& eft pofé au quatriefme climat,au dixiefme parallele,ayât
fon plus long iour de quatorze heures & demie. Il y a vers la cofte d'Afrique, depuis
le Promontoire de Tanoy ^iufques à la riuiere de Ceute,c^m eft fa plus grand longueur,
plusieurs trefbeaux haures,goulfes & riuieres3l'entree defquels font bons,tant pour la
fonde que pour mouiller l'ancre. Quant aux Mes & Mettes qui l'auoifinent on les
peurroit fortifier3pour tenir en bride & guerroyer ces Roys barbares ôc peuples cre£
peliez, aufïi bien que Ion a fait au Pignon, le Roy Catholique tient vne bonne for-
tsrene,gardee d'vn bon nôbre de foldats laquelle fut prife d'entre les mains des Mo-;
rcs:ôc la vérité, c'eft auiourdhuy le vray ôc fort bouleuert de l'Elpagne. Elle eft ba-
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