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-1 ~l-- De Â.Theuet. Liure JL

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vne des marques d'vn fi excellent perfonnage que fut Cefar en ton temps. Autant en j
fit ce fçauant & curieux Roy d'Egypte, vn des fucce/Teurs du grand Alexandre, nom- j
Ptolomec Phiiadelpherlequel en fit faire deux à l'entrée de la mer Rouge>das l'ifle c
de Bebd-rnandel comme i'ay veu par les veftiges & ruines qui y font encores à pre- F
fent.Long temps au parauant le grand Roy Xerxes en auoit fait de mefmcà la poinâx
de la Peninfule du goulfe Perfien (-dit Tuma-camath, qui ne fignifie autre chofe que f
deftroidr. de mer, en langue du pays:& des Indiens Dyak.) Si Ion veut tirer plus ault j
vers la prouince de Jbr4,ceinâ:e du grand fleuue Euphrate (ou Phara en la mefete c
langue) & de l'impetueufe riuiere du Tigre, on verra le lieu il en fit drefler vne
autre. Ainfi ne fit Hercules, trauerfant ce deftroiét, & qui auffi eftoit d'vn temps, au- j
quel on ne fe foucioit encores de telles fuperfluitez. Tant y a,que ceux qui font auec
iucceflîon de temps venuz apres, fçachans qu'il y auoit paffé pour vray dorineret tel f
tiltre à ces deux montagnes, pour immortaliser la mémoire de ce vaiilat guerrienque |
tant que ce deftroicl: fera, on luy donnera le nom de Colomnes Herculiennés. Et à
dire la vérité, ce n'efl point mal fait de garder la mémoire des hommes illuftres d'en- j {
tre les anciens, comme encores auiourdhuy font les Grecs, Arabes Egyptiens, Per-
fiens,& autres,qui fçauent trefbien remarquer par leurs efcrits les choses antiques de i
leurs pays & contrees.Ce que nous deuons pareillemët faireà fin qu'on ne nous met-
te au rang de ceux qui pour efclaircir leur vie obfcure, veulent aneantir & eftaindre |
les noms imposez aux lieux par les anciens:ainfi que nous voyons qu'ont fait les Bar-
bares de plufieurs endroits de la haulte & baffè Afrique Ion ne voit que peu de
marques d'antiquité, comme il fe fait en la Grece, & en diuers endroits de .la petite
Afie (ainfi que i'ay cogna, voyageât les lieux les plus remarquables.)En ce paflage en- j J
cor fault noter l'opinion de quelques vns,qui penfênt,& rafFermet,que lors que Her- j
cules voulut pafTer,ces deux montagnes n'eftoient qu'vne mcfme chofè,& qu'il les di-
uiià lVne de l'autre & caufa que la mer Oceane entra es lieux à preïènt eil la nier I
Mediterranee,qui au parauant eftoit terre continëte ce que ie ne croiray iàmais:ains,
félon mon iugement,ce font auili belles hiftoires que celle de la Fable de Platon tou- F
chant Tifle qu'il feft perfuadé élire en la mer Atlantique, laquelle eftant plus grande r
que rMc,l' Afrique, ou l'Europe fut fubmergee par les inondations de ce grand O-
cean:veu que.fil eft ainfi que Hercules paflace deftroiâ: en deux heures,commét euft j 1
il efté pofïible qu'en fi peu de temps il euft fait rompre deux ou trois lieuës de mon-,
ta que ie n'accorderay iamais aufïi,encores qu'il euft eu dix foix autât de pion-
niers que i'ay veu mener au Grand-feigneur Solyman en fon camp de Perfe, l'an mil
cinq cens quarantehuiâr.Ie vous prie, oyez l'opinion des Arabes & Mores d'Afrique: \t
qui difènt,& croyent auffi,que incontinent apres le deluge,pour faire euader les eaux
de cefte grand mer Oceane, qu'ils appellent c^lbahâr, à la Mediterranee, Dieu corn-
manda à l'vn de fes Prophetes,nommé Car on, de cduper ces haults monts & collines, 1
qu i lors eftoient Liber, fçauoir terre ferme, de Afrique à l'Europe:& que par le moyé
de ce gentil Prophete, ce deftroid,qu ils nomment Zukakjut ainfi faicl: adiouflans
que ce Caron ayant vefcu longues annees,mourut en Efpaigne,& fut enterré àl'entree
du Promontoire,que Ion nomme de S.Vincent.Ce deftroid: fut auffi iadis nommé E-
rythree, félon l'opinion de quelques Infulaires, à caufe queaucuns de deuers la mer :j
Erythree,qui eft la mer Rouge,y abordèrent. Autres difent,que ce furent les Tyriens, !J
qui les premiers apres Hercules,qui n'y fit que paflèr,yhabiterent:d autant que,com-
me ils cherchaûent nouuellesterres pour demeurer,& côfultaflênt l'oracle d'Apollon
( qui pour lors éftoit le Deuin ôc Prophete des Gentils ) il leur refpon dit qu'ils de- '•
uoientenuover leurs gens aux Colomnes d'Hercules :Xefquelsfemettans en mer à

~olomrte de

ritolomee

Phil~tdel-

~he.

~olônes dN

~y Xerxes.

E~cble de

Platon.

Opinion des
Mares Cr j
Arabes.

petfreili
Zrythtct.
\yfpolton,
Prophete
àesGenls,
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