Cofinographie Vniùerfèlle =
Gades ,ou
c~~w.
Ceute.
\Xff ,Cha-
iffeattx, l'vn
en Europe,
| l'autre en
CeUmnes
£ Hercules.
Cslomnc de
Iule Ce fur r
bifiatettr.
tre parties du Monde:entre lefquelles choifilîànt rAfrique,comme premiere,& com-
mençant au deflroicl: de Gibraltar, iefuyuray toute l'eftendueôc rotondité d'icelle,
pour finir à mon premierpoincVCequedemermei'efpere faire es autres trois par-
ties, non pas les mener enfemble,fàns aucune reigle ou obferuation,comme ont fait
ceux,lefqueis n'ayans veu que le lieu de repos, n'ont pourtant laifle d'en efcrire à tors
& à trauers & defrober par cy par là tout ce qu ilsen ont peu dire foit de moy, foit
d'autres. ̃ ̃ .̃̃̃ ̃̃̃,̃-̃̃̃̃ • ̃ .;•_̃;•
Dît âeHroïB de ^ebei-tàru, dit Gibraltar s &* "Royamnes de i
AfARROQJE;Jv. CHAT. I I I I.
Es AN c je n s Grecs, Mores, Arabes & Latins ont tous d'vn con~
fèntement recognu,que le deftroicT: de Gibraltar (diâ: des Ethiopies
Gebbethon-yOM. Gebel-tarif en langue Morefque,du nom de 7àrif,~il~.
le qui luy aboutit) eftoitceluy qui fèparoit l'Afrique d'auec l'Euro-t
pe,par&auecces deux monts fameux ,.comprins fbubz lenoinde*
Gades oui Gadi ne fignifiant autre chofè en langue Svriaaue -i ane
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heur à caufe que les anciens eftimoient, que tous ceux qui trauerfoient ce dîihgereux
paffage, pour les difficultez des vents iournaliers, ôc impetuoiîtez des tourmentes qui
les trauaiiloient & auoient peu iouyr de ce lieu librement & ouuertement eftoient
plus heureux, que les dieux. Ceute en Barbarie r luy eft oppofite & diftante de trois
lieuës ou enuiron (car telle eft l'efpace & largeur de ce goulfe en cell endroit ) comi
me ainfi fo.it qu'il y en a plus de quatre vingts de longueur. OrePc ce pafîage tout de
mefmeceluy, par dedans lequel tous vaifïèaux de mer pafTent pour aller en Gonftan-
tinople (pres les deux chafteaux,nommez auiourdhuy par les Turcs B ogaz.-Az.ar, qui i
vault autant à dire que Chameaux lauez d'eau ) mais fi furieux, que en tout temps les
vents & agitations orageufès de la mer, comme fi c'eftoient des Courantes, y affligent
les nauires,tant grands foientils,comme i'ay veu qui eft caufe que le lieu eft fort dan-
gereux. Lequel toutefois ce grand Hercules de Lybie, fils d'Ofiris ( & non pas d'Am-
phitrion,duquel les Grecs contét merueilles,pour eflre né en leur pays) paffa en deux
heures,pour vifiter les Erpagnes 6c Gaules, où il engendra vn fils, qu'il nomma Gala-
thes,de Galathea, fille des Celtes duquel les Gaulois fe difent auoir prins leur appel-
lation^ auquel iadis les Gaditains baftirent vn temple. Qui auroit peu donner cou-
leur à ceux qui dirent que Hercules (en mémoire de ce partage tant perilleux) planta
deux Colomnes, l'vne en Europe,& fautre en Afrique. Mais quoy que cela ait verift-
militude, fi eft-ce que autre Colomne n'y fut iamais plantée félon mon opinion,que
lamemoire de ce grand Seigneur, qui de fon nom laiffa baptifees les deux môtagnes,
quifbnt proches delamenôccefoubzlesnomsde Calpe 6c cx^e.Nonque ievou-
lufle impofïîbiliterlesmatieres:mais d'autant que rien n e fe trouue par efcrit touchât
ladide eredion de Colomnes,& que le feul nom du paiïàger fufiifoit à la memoi re:ie
dy, que les monts furent feuls portans le nom de Colomnes d'Hercules quoy qu'il
l'euft peu faire tout ainfi que apres luy a fait Iule Cefar Dictateur lequel fur l'entrée
de lamer Nqire,que on appelle aufli mer Maiour, fit drefTer au fommet d'vne monta-
gnette,toute entourée de mer, vne Colomne de marbre-blanc, ayant vingt deux pieds
de haulteur,êc huicT: de rondeur, en laquelle eftoit graué fon nom, auec telle louange
de foy,qu'il fe difoit eftre tel, que de plus grand il eftoit impofliblequon en trouuafl
au monde. I'ay veu & contemplé plufieurs fois ladicte Colomne & n'y paffé gueres
homme de bon efprit,mej(mes tant farouche foit il,qui ne fe plaife d'aller voir encores
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, G-450