p~s t n :A ,v ~x ~'I' ~y ° j y1 -s I ). fr, & F- N J~'V ANDRE THEVET COSMO GRAPHE DV ROY." AV LECTEVR BENEVOLE S A L V T. PREFACE.. ON S I D E R A N T en moy-mefme ( Amy le&eur ) combien la longue experience des chofes, ôcfidelleob- feruation oculaire de plufieurs pays & nations, enfcmble j de leurs meurs. Se façons de viure apporte de perfection j a l'homme { comme f'il n'y auoit autre plus louable exer- cice, par lequel on puifle fuffifarnment enrichir fon efprit j de toute vertu, & fcience treffolide oultre ma première nauigation tant au de Grèce, Palefrine,Egypte,que c; tant au pays I'aasaane,yptc~que es trois Arabies laquelle autresfois i!ay mifè en lumiere, ie me mis de rechef,fbubs la conduite du grand gouuerneur de l'vniuers, abandon- né a la mercy d vne infinité de périls. Ce que i'ay ofé entreprendre à l'imitation de j plufîeurs grands perfonnages dont les geftesplus que héroïques, &haultcs entre- prifes celebrees par les hiftoires, les fontviure encores auiourdhuy en perpétuel honneur, & gloire immortelle. Ce que bien & diligemment à confideré le Poëte Grec, qui au commencement de fbn OdyfTee introduit le fàge & eloquent Vly fie, ayant veu plusieurs villes,&: cogneu les meurs & complexions de diuers pays: dont il eft facile à iuger que la pérégrination nous caufe fàgefTe 8c fait que nous ne fèm- blonseftretoufîoursenfans. Etveritablement ce deflr& ardeur de fauoir à incité j Thaïes Milcfîen, Solon d'Athenes,Hippocrates Coyen, & plufieurs autres Philo- {bphes de grand renom,d'aller en Egypte,tant louée du diuin Platon. Qui a donné occafîon a Virgile de fi louablement defcrireleTroien Enee ( combien que félon aucuns hiftoriographes Grecs & Latins,ileuft malheureufement liuré fan propre pays es mains de fes ennemis ) finon que, pour auoir vertueufement & conftam- I ment refifté a la fureur des vndes impetueufes & autres inconueniens de la mari- j nc,ii y ayt veu & expérimenté plufieurs chofes, & foit finablement paruenu en Ita- j iiie?Or tout ainfî que le fouuerain Créateur a compofé l'homme de deux efTcncesj totalement différentes, l'vne elementaire & corruptible, l'autre celefle diuine, & immortelle aufsi a il remis ôcaffuietti toutes chofes contenues foubs le concauej du ciel en la puifïance de l'homme Se pour fon vfage, refcruant ce qui cft au deflus, j pour luy en donner à cognoiftre autant qu'il luy eftoit neceffaire pour paruenir à ce fouuerain bien:luy laiffant toutesfois quelque difficulté & variété d'exercice.-aut- | tremet il fe fuit abâtardi par vne oiftuete Se nonchallance. Et combien que l'hom-