De À.Theùét. liure t les Trouin- fes.gilear- toafiUqitr Méditerra- née. ^ppella- tions diuer- mer Médi- terranée. b rient la plufpart des Philofdphes & que quelquefois i ay creu alliché de leurs rai- fons:a quoy tendron ce que Ion tient pourrefblu,que la terre eft comme la bafe Se fin des chofes graues vers le cetre ainfi que le feu eft la-fin Se bafe de ce qui eft le vers
le xiçlîïl faudrok que ce qui eft le plus léger & aérien, portaft le plus pelant. Et en ce
iayw argument^ que efiquelquelieuc^ t~rre,qui laporte;quQY
qu'elle foit agitée de vcnts,Ôe gouvernée eïîfes limites par les Muehces des corps ce-
îeftes. Par cela ie conclus non feulement que la terre entoure & enuironne l'Océan
mais encores que c'eft elle qui le porte ;raifons princes de ce queles Anciens mefmes
confefrent,quoy que cècy leur femble'vn'gïàiïdpafadôie.Mais ils feroiet Bien efton..
nez,fi en difant la verité3ils eftoienteontrainds de'côfeiîèr que la grandeur de la ter-
re furrjafïè celle de la mer:veu que ceux qui ont couru tout l'Océan, me feront fidèles
teftaôirii; de mon diï-e^ïâcbit que cjiiekun *de mes amis eft 'de contraire opinion .Mais
-4quoyï !Auffi bïètffe peiilt il tromper en cela, comme en v'n certain ficn iiure,où il met
•les ïflesï&belle Se Éfpagnolé entre les Canaries & Fortunées chofe tres-faulfe,ayant
-rai le contraire, fant de l'vn que deîautre. Voylâquant à ce poinct. Reftç à déduire
par le fnenu ce qui eft contenu foub'z le o om de mer Méditerranée laquelle va en (c
:cilargiifant,& faifant force feins & goulfes3baignant ores la cofte del'Europe, & puis
^auffi celle d'Afrique?qui feftend vers l'Eft; prenant diuersïioms ftlon les lieux où el-
'le pafte. Qu'il foit âinfi^la cofte première qu'il baigne, fappelle Mauritanie Tincrka-
jné, qui eft celle de TremiiTen Se ioudain: prend lé nom de Mauritanie Cefaree fvers
iAlger & Tunesrapres porte;ceiuy;cll!Vrriqùe,vers Tripoly ^e Barbarie:& puis panant
4és Syrtes, on la n ornrrïe JLybique & entrant fur la Marmairique & Çyrenaique, auec
:ce nom va en fin ari-ouferrEgypte>dbnt on rappelle mer Egyptienne.Et eft toute ce-
•fle cofte de l'Eft à l'Oueft, iufques à ce qu'on arriue au goûlfe dé Larifta ^pàrdelà Da-
:miette, &c au bout dés deferts du Sueft, où éft la feparatioii d'Afie Se d'Afriquel En ce
iport,qui eft en Palefthine,on double quart au Nort 8c Nordeft,comme qui voudroit
iprendre la route de l'Oueftrôe lors cefte me^qUi fappelb}t Syriaque,â caufe de la Sy-
rie,iufques à Tripoly de Syrie,chânge fon nom,& eft dicle mer Egée iufques à Galli-
poli,ou Hellefpont/aifant diuers feins & goulfes.Sûubz ce nom il baigne la Thrace,
les terres qui abôutiffent à la Macedoine,8c la Moree iufques en Albknie:là où il com
mence à prendre le tiltre de mer Adriatique. Puis doublant vers le Su,ou Midy^réd
fon cours par le pays de Calabre,iufques à la ville de Rnege audit pays/bubz le nom
de mer Ionique & paflànt entre la Sicile & Italie,au lieu que iadis on a nommé Cha-
rybde, f appelle Tyrrhene & de là fen va baigner la riuiere de Gènes, foubz le nom
de Liguftique,laquelle diuifè & fêpare la France de J'Italie,&: eft nommée mer Gallï-
ique laquelle pour parfaire fon cours, ôc paracheuer fon rond, vient aux Mes de Ma-
iorque & Minorque/oubz le nom de Balearique. P^fTant plus auât3i"ca va vers le.de-
ftroicl: de Barbarie,portant le tiltre de mer Ibérique. Et croy que cefte cy foit vne des
principales caufes de la tourmëte,qui eft ordinaire en ce lieu, outre lés raifons cy def.
ius amenées. Ainiï vous voyez,quel tour i'ay fait pour reuenir à mon premier poïncl:,
fçauoir au deftroiâ: de Gibraltar;qui eft l'entrée d'vne mer en l'autre:& ferois ioyeux,
fi quelque excellent perfonnage mëttoit la main àlaplume,pour vuyder au plein,ve-
ritablement, & fans trahfport d'afFe6tioh, ce que i'ay mis en auant touchant le flux Se
reflux de la mer.Car quant au refte^e m'en tien s fi aueuré,que fi Pline,Strabon3Se Pto-
lomeeeftoienten vie, Se queSolin SeMeleleur tin/îèntcompaignie^ iene quitterois
mes raifons pour auoir voyagé qualî dixhuicl: ans es lieux dont ils n'eurent iamais
cogn oiflànce^ non plus que Munfter, Se autres baftifleurs de Cofmographies moder,-
jks. Parquoy ces chofès laiffees, ie viendray à la âc£çn^xi9UÂQMQU,Yjiiha:sk &c qua-^
fis de la.