DeÂ.TKeùet, Dure X~ Toùà de* â l'eau marine,qùc le flux êc reflux y eft plus delbordé qu'aux autres contrées plus frok des & tempérées. Parquoy ie voudrois volontiers conclure que nonobftant tous ar~ gumens que Ion me pourroit allegucr,c'eft la Lurie,qui fait le flux oc le reflux. le fçay 1 bien aulii, que Ion le pourroit attribuer à vnfouleuemçnt des eaux. Soit en quelque fi forte que Ion le voudra prêdre, d'vne chofe fuis affeilré,que lors que tels flux & reflux ad uiennent, accompagnez des vents contraires, qu'en diuers endroits fe fait vne perte ineftimable, tant en terre continente Se ifles, que aux vaiffeaux pafTagers. D'auantage,} voyez fi en l'Océan, le mouuement en eft fi ville & fi fouuent fluant, quoy qu'il ait çcl nom,pour fa courfe foudaine Se bruyante, lors qu'il eft en fes courantes & eft efmeii d'enhault. Cecy me fera inférer que iaçoit que la Lune, & autres Planettes donnent quelque force à l'Océan, caufànt fon flux,comme i'ay dit cy deuant, fi eft ce que pour mefine raifon la Méditerranée n'en deuroit eftre fruftree, eftat aufïi bien expofee aux aftres,que celle qui tire au Ponent,ôc qui porte tiltre d'Océan. Que fi ce font les vents (comme aucuns difent Se de ce ievousdifeourray ailleurs, parlant des Courantes)! qui font enclos es cauernes des rochers & môtaignes voifines de la mer ( qui eft pour vray vfràutre argument, qui fembleindifToluble:) en coresfauldra il donner mefmesi | cffeclrs en toutes mers,qu on attribue à l'Occâiirveu que les lieux fe difpofènt ainfi par j tout le monde,que les yns font bas, les autres haults, Stiçeuxcaufànsplusdevent furj i lamer Se fur les fleuues. Mais i'ay veutelles 8c fi grandes différences de môuuemènsj de la mer eh rOcean,quc mefmes en aucuns lieux y auoit le plus grand flux que hom-| méfçauroitimàginer,Sc en d'autres aufliknt, que vousle voyez aduenir quelquefoisj fur Ies3coftesd'ltalié,duquel on ne fe peult quafi apperceuoir: tellement qu'en cecy ili fault,ou que les lieuxiou le regard de la partie du ciel, foyent caufe de ce mouuement fi gràn& & furieux j ainfi qu'il aduient es lieux des grandes Courantes comme au de-j ilroi<£t de Magellan, au gQ\û£e d7 Ettcatan au deftroiârde JVï&w» qui eft presdelaj^ JPenmfule à&vMdïica, Se. en celuy éç-.Gikraltarjoxi l'Océan entre en la Méditerranée:! lequel çft dangereux non tant pourcé que les vents Renferment entre les deux mon-! J taign^ fijfoiÉÎïçs^ qiïçjpour autant que l'eau y va du hault en bas,eftantla partie de i rOujeftpiushaulte5&: celle qui va à l'Eft plus baffe qui eft caufè,que la Méditerranée allantiert âbbaiflàrit, eftbeau.coup plus profonde que n'eft l'Océan Depuis donc que vous auez,paj(ré ce paflàge tirant vers la Guinée vous fentez peu de flux iufques à ce | que voiiseftesièubsle.Tropique de Cancer,comme i'ay obfêrué:ôc lors ils f augmen- teiat, ,6e font tous tels que nous les fentons de pardeça & pource que les fleuues fen i flent,& qujly a des Courantes,& des vents continuz, vous voyez auffi les mouueméâ plus furieux, ainfi que ie vous diray, eftant fur la cofte de la Guinee. Par là vous co gnoiffeZjque les Courantes y peuuent beaucouptnon que pour cela ie vueille leur attribuer la caufe, iaçoit que iayefentyprefque l'effed de cefté opinion. Mais iefuis content,que queîcun m'apprenne des raifons plus foîiideSjd autant que celles là ne mç contentet point:fi ce n'eft que ie réfère tout à la difpofition celefte de celuy qui a tout fait & çompafle de fa main, le guide de fa prudence, & auec fà puiflànce le fouftient. Et ne me pais perfuader, que homme en fçache dire les caufes t & fècrets d'icelles aii vray :qui fut caufe,que vn certain Philosophe (aucuns Grecs dirent que ce fut Arifto- | te) eftant fur la mer à Negrepont,pour f enquérir, & voir la caufe naturelle de tel flux & reflux (combien que audit Negrepont,comme dit eft,la mer ne flue ne reflue quafi fî peu, qu'à grand peine Ion C'en apperçoit) ce que ie fçay pour y auoir demeuré long temps,& y auoir veu la fepulture d'Ariftote dans vne montagne, corne pourrez veoirj au trai&é de l'ifîe de Negrepont Comme il fe vift,dy-ie,à la fin de fon rooiet,& qu'il] fen pouuoit auoir i nftrudion à plein voire n'en approcher de gueres plus près qttèj la CdHfi dit lux wri- IhXi. ffroifts/hb* ieHs aux durantes t