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uèrnement. Toutes lefquelles chofes vous pourrez apprendre des tables aflroriomi
(veu que ie ne fais point icy office de Mathématicien) me fuffifant de vous mon--
fixer l'excellence du Pilotage d'autant que c'eft la vraye praôiique & effect de ce que:
l'Aftronomie a de bon,gcntil,accomply & parfaict. Or ne penfez pas,que partout, &
de chacun de ceux qui nauiguet,cefte fcience foit cognuc,& que en tout endrcit,où i\
fault arpenter les filions de la mer, l'vfage de l' Aftrolabe foit requis, ny mis en œuure^
veu que les Turcs3Mingreliens,Arabes:,Georgiens,Tartares; ou ceux qui font voile en
la mer de Bacbu, & mer N oire,comme i'ay veu eftant en ce pays là, ,nVfent d'Aftrola-i
be feulement ont vn petit inilrument^u'ils appellent en leur langue Algortfic l' Ara-j
be Gainas lequel les conduit affez fèurement. Mais auffi n'ont ils grand befbiri dé lîj
parfaite cognoifîànce,côme ceux qui font fur l'Ocean3tant pôurce qu'ils ne font point .“
de voyages fort lointains,que aufïî les ïfles ne les font gueres defiourner de leurs voya
ges:à caufequ'il y en a peu ou point en ces deux mers de Bacbtt ou Cafpie & l'autre
qu'on dit mer Noire,qui font toutefois d'afïèz grande eftendue. Non plus vfent ils d
ceft Aftrolabe en la mer Rouge, combien qu'elle foit fafcheufe & dangereuse, pour la
quatité des Ifles & rochers.Q uant à ceux qui font en Grece, bien qu'il y ait force Ides,)
corne font les Cydades,fi eftee que plufieurs qui voyagent d'Ifle en autrë,ou en quel-j
ques endroits de l'Afié n'ont point encor d'Aftrolabe pource que le chemin leur eft!
afïez cognu,& que ils ne font fi fubiets à eltre tourmentez des ondes, comme ceux qui!
font fur l'Océan. Ce quei'ay expérimente & en l'vn & l'autre coflé deeequi fèriaui-j
gue, ayant veu comme ils fe gouuernent feulement par vne prudence & mémoire des
iieuXjqu'ils fçàuent eftre dangereux, & efquels il y a quelque banqefcueil, ou batture,
où ils puiflènt periller,ayans apprins cecy de longue main,Ôc par frequêt vfàge de na-
uiguer.Les Indiens Orientaiixjefquels font eje grandes flottes de vaifîèaux,pour aller
en guerre,ou en courfè,oueh trafic, vont fouuent d'ifleen ifle plus de trois cens lieues
fans .Boufïblc, Cadran, Carte, ou Aftrolabe & autant en font les Infulaires de la mer i
Pacifique, & des Moluques, fe conduifans auec certains baftons faicls en croix mais
leur plus grand fçailoir gift cri la cogrioifïançe des lieux dâgereux,ainfi que iadis font
obferué les Pilotes de Candie, Cy pre, Rhodes, & autres Ifles de Grèce, comme ie I'ay l
ffez long temps obferu, & veu comment on en vfe & en Leuant & en Ponent, & en
la partie Méridionale, ©uiemefuis quelquefois trouué fèptàhuift mois entiers, fans
voir vne fèulè plagejpar laquelle ie peuflè defcouurir la terre. Mais en l'Océan, à caufe
defa grands eAendue,& pour le changement de fon flux & reflux, & lointaines naui*
gâtions defcouuertes de mon temps il eft necefTaire rque.Ie Pilote foit fçauant en l'A-
.ilronomie.& Cosmographie, &c que auec la cognoiflance des aftres ilait la pratique,
& vraye expérience des inftrumens j defquels ie vous ay difeouru en ce chapitre. Ait
| refle.,puis;qué ie inefuisarrefté fur telle matiere Se que le Pôle arctique m'a tant dete-
i nu,i'y adioùfteray encor cecy,qu en l'autre poincl: du qiel,que Ion nome Antarctique,
lequel eft tout ainfi Auftral^comme l'Ardique Septentriorial,lon ne voit point noftre
Ourfè, rie autres eftoiîles quil'enuironnent ne celles mefînes qui font pardeça foubz
noftre Zen ith (& c'eft ium la raifon pourquoy il eft appelle Antarcl:ique,à caufe que
il eft oppofei. rc^5?.j,qu£fîgnifie Ourfe:) comme ainfi foit qu'à ceux qui font foubz
le Tropique de Capricorne, ne leur appàrbift ne Chariot,ne cefte grande troupe d'e-
floilles,qM aubifinet affez près noftredit Pole. Quant aux eftoilles,qui font vers l'An^
taritiquejejles feruet de mefmes aux Pilotes delà rEquateur,que le Nort deçà la ligne.
Nous autres, voyageurs, les appellos Çrùfier,a caufe qu'elles font faites côme vnçCroix
comme i'e^iiray aillpurg noiis guidans en nos voyages par icelles.. Les autres qui font
iFentour,foAt rQmbres,â;yas ia-fprrne vn peu pbfcure, & plus que n'eft celle que nous
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Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, G-450