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DE LA SARDAIGNK

<~3

Juequ'àcequcjemeure..

A force de pleurer.

C'est surtout dans les églises et les processions que
les chants religieux ont leur place marquée. Ces pro~-
cessions sont parfois de vrais pèlerinages. Elles ~ac-
complissent en famille et durent plusieurs jours. Les
joies profanes s'y associent aux joies sacrées. Les
Sardes ne croient pas qu'il soit nécessaire d'être triste
pour être dévot et de s'ennuyer par amour'de Dieu. Ils
mêlent, comme en Bretagne, les danses aux cantiques
pieux (1), et à cela je ne vois pas grand mal;'car les
plaisirs innocents qu'ils prennent sous les yeux de
tous, les éloignent des plaisirs moins purs qui ont be-
soin de l'ombre et de la solitude. C'est pour se divertir
d'ailleurs, autant que pour prier, qu'ils viennent aux
fêtes. Or, les fêtes ont sur eux une action salutaire
qui rappelle en petit l'influence des jubilés au moyen
âge. Elles les font sortir de leur isolement, elles les
mettent en contact, elles les échauffent, les éclairent,
élargissent l'horizon de leur pensée. Toute grande réu-
nion d'hommes est féconde, surtout dans les pays ou la
population est clairsemée et les occasions de se voir
sont rares. Il en sort touiours lumière et chaleur; il y
circule une séve qui fait fermenter les intelligences et
qui élève le niveau des plus grandes comme des plus
humbles.'

(ï) II n'y & pas cent ans, qu'en Bretagne, dans les pardons, on dansait
dans les églises pour faire honneür au Eaint dont on cabrait la fête. On
se contente aujourd'hui, comme en ~at'JiugxC) de danser devant !a porto
des églises.
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