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DE LA SARDAlUXE

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leur a donné, n'a rien de populaire. Ni les uns ni les
autres ne sont éclos sur les lèvres d'un chasseur ou
d'un soldat, à l'ombre des orangers ou des chênes.
Ils ne sont pas nés dans les solitudes les pâtres pro-
mènent leurs rêveries. Ils ont été composés dans le
cabinet ou dans la cellule, par des lettrés ou des moines
qu'un sentiment patriotique a portés à écrire dans leur
dialecte maternel. Les plus anciens datent de la fin du
seizième siècle, et ils n'ont la naïveté de sentiments ni
des âmes, ni des époques incultes. Ils n'ont pas été
adoptés par le peuple. Ce ne sont pas plus des chants
populaires que les chœurs d'Athalie. Je les range dans
la même classe que la Vie et le Martyre de saint ~4~<ïo-
claus ld Vie de saint 2~AMC; Vie, le Martyre et la
mort des glorieux martyrs Gavinu, jS~o~M et Gianuari,
poëmes plus précieux pour la langue que pour la litté-
rature. Ils n'ont rien de plus spontané ni de plus naïf
que cette Bible en vers du chanoine Dore, heureuse-
ment inédite, dont les jeunes bergères de l'île auraient
peut-être fait leurs délices, comme Madame de Main-
tenon encore enfant savourait, en gardant les dindons
de sa tante, les quatrains de M. de Pibrac.

Parmi les poésies religieuses qui sont vraiment po-
pulaires en Sardaigne, il y en a quelques-unes de
remarquables. L'histoire de Joseph, qui circule manus-
crite dans toute l'île, et que les mères enseignent
comme une leçon pieuse à leurs filles, est pleine dans
sa simplicité d'une émotion poignante. La douleur de
Jacob, les remords de ses fils sont peints avec une pa-
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