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« Nous ne sommes point nés pour rester ici-bas; la terre
n'est qu'une entrée et un passage, élevons nos cœurs et nos dé-
sirs au delà des rayons du soleil, et pleurons les fautes com-
mises dans cette chanceuse traversée de la vie, où sur la poupe
et la proue de notre esquif, l'onde frappe furieuse à chaque
vague.
« Souviens-toi, 0 mon urne, que bientôt tu dois quitter la
prison où tu es captive, et tu ne sais ni quand ni comment aura
lieu le départ, et tu ne peux ni reculer ni fuir la journée est
courte et le soir est venu qui t'indique que l'heure du voyage
approche.
Songe, dme prisonnière, à ce moment terri-
ble, foule aux pieds tes ennemis et tu obtiendras la palme de la
victoire.
« -Mais tu ne peux, pauvrette, ayant été si longtemps abat-
tue, t'élever seule sans la faveur et la grâce divine. Bien qu'il
soit tard, repens-toi, et tout en }larmes, invoque la reine qui
porte un diadème et un manteau d'étoiles, la mère de ce roi
qui gouverne la terre et qui dirige la lune et le soleil.
« Douce médiatrice, recours des pécheurs, source de
piété, rose unique entre toutes les fleurs, tabernacle éternel,
prodige d'honneur, que mes cris montent jusqu'au trône où,
assise dans ta majesté, tu vois à la fois le. présent et passe.
« Intercède pour moi, douce Marie, auprès du Dieu puis-
sant, auprès de ton fils bien-aimé. a
Ces strophes, qui perdent, à être ainsi détachées,
presque tout leur mérite, ont dans l'original une grande
vigueur de jet et se déroulent avec une ampleur et une
grâce facile. Mais le poëme dont elles font partie, de
même que les poëmes analogues, en dépit du titre qu'on