DE LA SARDAIGNK su 1 On a publié, sous le nom de OAa~ populairès de la Sardaigne, des poésies religieuses qui roulent sur l'exis- tence de Dieu, la naissance du Christ, celle de la Vierge, la Foi, l'Espérance, la Charité, la Contrition, ou sur des généralités morales et philosophiques, le repentir, la mobilité de la fortune, la Providence, les misères de la condition humaine (1). Quelques-unes de ces poésies ne manquent ni d'élévation dans la pensée, ni de force dans l'expression. Il y a de la grandeur dans la pièce suivante, que je prends au hasard « Limon pétri des plus viles matières, plus fragile que le verre, .souviens-toi que tu passes comme le vent; et pendant qu'il en est temps, faible et pauvre esprit, tourne ce qui te reste de vie vers le monde éternel, infini que le temps ne peut at- teindre. « -A l'heure où le ciel se colore sous les premières lueurs de l'aube, les fleurs humides encore des pleurs de la nuit pa- raissent vigoureuses et fraîches; elles perdent leur fraîcheur et se fanent quand lo soleil ardent a pompé la rosée de la terre. « Telle est la plante de la vie tendre et fraîche à son au- rore, en peu d'années elle se sèche, et quand le temps s'est écoulé, qu'étais-je, se dit-elle, et que suis-je? où est allée ma force?. (1) Ce sont les principaux titres des poésies publiées sous le nom de Canti popolari Je~a Sardegna, Caglinri. 1833, un vol. iu-t8.