3.. CHAXTS POPULACES iantes, ni le dédiaînement brutal des passions qui pas- sent par le crime avant d'aller s'éteindre dans le cloitre. L'influence germanique a été nulle sur cette terre toute latine. La force n'y a jamais été admirée pour elle- même Les châteaux-forts y ont eu comme ailleurs leurs assauts, leurs fêtes, leurs châtelaines ils n'y ont pas de légendes. Leurs vieux murs, en s'écroulant, n'ont point conservé d'esprit familier qui les hante. Leurs ruines sont inanimées. Les exploits dont ils ont été le théâtre n'ont pas laissé derrière eux, dans la mémoire des hommes, cette traînée lumineuse qui plus tard enfante de beaux ~récits merveilleux, voie lactée qui s'épanouit en étoiles. On sent que la féodalité, si elle s'est implantée en Sardaigne, n'est pas dans l'esprit de la race. Elle a pesé sur le corps du pays, elle n'a rien inspiré à son âme. La poésie, comme la langue, comme la civilisation tout entière, est sortie des tradi- tions antiques et du christianisme. Elle est presque exclusivement amoureuse, religieuse et domestique. Pour elle, la religion n'est pas ce sentiment profond, triste et timide, que l'homme du Nord éprouve en face de Dieu, et le culte austère par lequel il cherche à s'en rapprocher. C'est une vision de l'imagination qui lui montre au haut d'un ciel entr'ouvert et dans un nimbe d'or, une Madone souriante et un Christ bénissant. L'Italie se confie dans la douceur attendrie du Nouveau- Testament plutôt qu'elle ne s'incline devant les fou- dres de l'Ancien. Ce n'est pas Michel-Ange avec son Christ vengeur et son Moïse terrible, qui représente