DIALECTE SAUHE
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rendent digne de l'étude des autres peuples. Quand le
dialecte toscan résonne sur les lèvres éloquentes de
Dante, il sort de la foule, il devient l'italien littéraire,
il s'élève parmi ses pareils à un rang dont il ne déchoira
plus. Le dialecte sarde n'a pas eu le bonheur de servir
d'organe à un grand homme, et il était difficile qu'il
l'eût; car les conditions politiques, qui sont nécessaires
àl'éclosion d'une littérature, lui ont été refusées. Lors-
qu'au douzième et au treizième siècle la langue d'oc et
la langue d'oïl eurent cette floraison printanière qui
rendit un moment la langue et la littérature de la
France européenne, c'est que la France alors était en
plus d'un point à la tête de l'Europe. On admirait, on
imitait, on traduisait ses poëtes de même qu'on subissait
l'ascendant de ses rois. Lorsqu'au quatorzième siècle, le
cycle de la littérature italienne s'ouvre si brillamment,
c'est que l'Italie est exubérante de vie et qu'elle cherche
dans toutes les voies et sous toutes les formes, dans les
arts, dans les lettres, dans le commerce, dans la poli-
tique, remploi de la force que lui donne la liberté. De
grandes pensées, de grands désirs la tourmentent, tour-
ment fécond, et elle cherche aies réaliser par la parole
aussi bien que par l'action. A ce peuple agité, à ces es-
prits en éveil, à ces républiques naissantes, il faut un
organe, et l'on voit éclore comme sous un souffle puis-
sant, toute une légion d'artistes et de poëtes. Jamais la
Sardaigne ne s'est trouvée dans de semblables conjonc-
tures. Non-seulement elle n'apas été appelée a jouer un
gran~rôle, mais elle a presque toujours été entraînée