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DIALECTE ~AUDK

4'.

P. Madao (1), le nombre de ces mots à trois mille car
la plupart d'entre eux ont en latin et en grec le même
radical emprunté à la même souche, le sanscrit, et
quelques-uns, bien que leur forme ait plus d'analogie
avec celle des mots grecs qu'avec celle des mots latins
correspondants, dérivent pourtant régulièrement des
mots latins en vertu des lois de permutation. Ainsi,
dans le dialecte méridional, la terminaison des infinitifs
en ai n'est pas calquée sur la terminaison analogue de
l'infiritif grec. Elle dérive du latin are par le change-
ment de l'e final en i, et par la suppression de l'r entre
deux voyelles ~on'ct, pappai. Quant aux traces qu'a pu
laisser dans la langue l'établissement des Phéniciens et
la domination des Carthaginois, elles sont sensibles, je
crois, dans la prononciation, mais elles sont bien dou-
teuses et en tout cas bien rares dans le vocabulaire.
Le dialecte sarde vrai « latin bâtard )) n'a pas la
souplesse suave de l'italien, « il se fond pas comme
« les baisers sur une bouche de femme il ne glisse pas
« comme s'il ne devait être écrit que sur du satin (2).
(1) L'ouvrage du Père Madao, Saggio di un'opera Ripuli-
tMn M/o Lingua Sarda, Cagliari (1782), est d'ailleurs fort important et
a ça le mérite d'être le premier travail écrit sur le dialecte sarde.
(2) Expressions de lord Byron en parlant de l'italien

Y love the language, that soft bastard latin

Which melts like kisses from a female mouth,

And sounds as if it should be writ on satin,

With sylIaMes which breathe of the sweet south

And gentle liquids gliding aU so pat in

That uot a single accent seema uncouth.

BEpro, XLIV.
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