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duit dans les dialectes sardes l'auxiliaire comme
synonyme de avoir, car je n'en ai pas trouvé d'exemple
avant l'époque de la domination aragonaise. L'espa-
gnol dit tener, le portugais ter, le sarde /e?ïMe?'. L'in-
troduction d'un auxiliaire dans une langue est remar-
quable, car ce n'est pas celle d'un simple mot, mais
d'une forme grammaticale. Quant aux mots germani-
ques que le sarde a de communs avec les autres langues
romanes, il les a aussi reçus en partie à la même
époque ou un peu avant, de seconde main, soit par
l'intermédiaire de l'italien, soit par l'intermédiaire de
l'espagnol. Pour quelques-uns de ces mots, le fait est
facile à vérifier; car ils ont gardé quelque chose de
leur physionomie étrangère, et n'étant pas nés au
moment de la formation du dialecte sarde, ils n'ont
pas obéi aux lois qui ont présidé à cette formation.
Les éléments étrangers, du reste, sont rares dans le
dialecte sarde, et en passant de l'examen des anciens
textes à l'étude de son vocabulaire, on reconnaît qu'il
est composé presque tout entier de radicaux latins. Il a
bien emprunté quelques mots au grec, mots qui sont
comme un souvenir vivant des premières colonisations;
mais c'est une grave erreur de porter, comme le fait le
nuances s'aceentue-aient de plus en plus et finiraient par constituer des
profondes. Mais le contact les atténue, la multiplicité dos rela-
tions les émousse ou les efface, et & cCte des causes qui tendent a perpétuer
la diversité, d'autres causes agissent pour introduire l'uniformité. C'est de
la force relative de ces causes opposées que le résultat dépeud. En France,
par exemple, l'unité de lanjue est beaucoup plus grande qu'en Allemagne
et en Italie.
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