DIALECTE SARDE reste de l'île où il y avait plus de ponts, plus de routes, moins de montagnes, où les invasions et les dominations étrangères ont laisse une plus profonde empreinte. Le dialecte méridional a accueilli des formes et des mots espagnols, il a supprimé plus de consonnes, s'est assoupli et s'est modifié davantage. Dans le Nord le dialecte primitif a reculé devant les invasions pacifi- ques ou armées des Corses et des Génois, et l'italien corrompu qu'elles apportaient avec elles, après s'être mélangéauSarde, est devenule dialecte Gallurese. C'est probablement entre le douzième et le treizième siècle que ce changement s'est opéré, car au onzième, le texte dont nous avons signalé plus haut l'existence prouve qu'on parlait encore dans la Gallura la même langue que dans le Logudoro. Les nuances qui séparaient originellement les dia- lectes sardes étaient faibles. Elles se sont accentuées peu à peu avec le temps, suivant les influences qu'ils ont subies, chacun d'eux ayant suivi sa. pente et au- cun centre de culture littéraire ne les ayant rappro- hés autour d'un type commun (1). Je tiens pour certain que c'est l'espagnol qui a intro- (1) L'unité des langues est le résultat tardif d'une lente élaboration. Les langues débutent par une extrême tn'Ieté de dialectes. Ces variétés ne s'effacent, ne se fondent que peu à peu, à mesure que la langue Iit.té* raire se forme et pénètrc profondément dans toutes les couches do la population, et, tout en diminuant, elles persistent en face et na-dessous de la langue littéraire sous forme do patois. Dans les limites d'un type gêne- rai dont elles ne peuvent s'écarter, d'un organisme qui est la condition même de leur nature et de leur existence, on voit à l'origine, se produire dans les langues presque autant de nuances qu'il y a de villages et de groupes d'hommes, et si l'isolement entre ces groupes était complet, ces