D1ALECTK SA1:DK On sait que, dans les langues romaites, le nom des différents mois de l'année est à peu prés semblable et dérive des mêmes radicaux latins. Eh bien, à cet accord général, le dialecte sarde fait exception et il a pour plusieurs mois un nom particulier tiré des usages et des traditions insulaires. Il appelle le mois de septembre, Cabidanni (caput anni), sans doute parce que les Sardes, comme les Hébreux, plaçaient a cette époque le com- mencement de l'année (1). Il donne au mois de juin le nom de Lampadas, nom qui, par sa double significa- tion (2), peut rappeler aussi bien les éclairs de ce mois fécond en orages, que les feux de joie par lesquels on avait l'habitude de célébrer dans l'île la fête de saint Jean-Baptiste. Pour lui, juillet est le temps du battage, Triulas. Octobre est, selon les dialectes, l'époque de la fête de san Gavinu, &~c ou bien le mois dans
lequel on fume les terres, ~fse~a~ïTïts. Décembre
est Noël, Nadale, ou, par un ressouvenir des temps
païens, le mois des ides, Af~~M (3). Dans quelques
cantons novembre s'appelle 'Sa~c/a~'M, la Saint-
André dans quelques autres, le vendredi est le jour de
la Cène, Cenabara. Ainsi la philologie confirme, en un
point secondaire; le témoignage de l'histoire, et prouve
(~ Le mois de décembre était appelé, dans ht langue d'oïl, mois de
l'aire ou de l'air (.rro), devenu plus tard mois de Deluir, ce qui signifiait
mois oit commence l'année. L'usage qui fixe le commencement de l'année
au le~ janvier, date en France de Charles IX. Ëdit de 1563, enregistre nu
Parlement en 15&7.
(2) Lampe, feu, éclair, illumination. En italien, ~mpf, cchurs;
~(i, il fait des ectairs.
(3) I'ie') de décembre