DIALECTE SAKDE 35 non interrompue de monuments, depuis le huitième siècle jusqu'à nos jours. Nous avons, de l'an 740, une lettre (I) écrite par l'un des évêques de l'île'aux fidèles de son diocèse, pour les exporter à rester fermes dans leur foi et à suivre l'exemple .de leurs pères et de leurs pasteurs qui, dans les guerres contre les Sarrazins, n'ont jamais reculé devant le martyre. Cette lettre nous fait assister à la fois aux premiers bégaiements de la langue et aux pre- miers enbrts de la nationalité, qui apparaissent en même temps comme pour affirmer la patrie en face de l'ennemi. Les habitants, abandonnés à eux-mêmes, menacés dans ce qu'ils ont de plus cher par les inva- sions mahométanes, courent aux armes pour se dé- fendre, et le clergé, se mettant à leur tête, sent le besoin, pour universaliser la guerre sainte, de s'a- dresser à tous dans la langue de tous. Le dialecte populaire de la Sardaigne devient ainsi l'organe,.de la résistance populaire et sacré par de sanglants sacri- fices, prend dès lors ses lettres de noblesse et. parait sur la scène. S'il y parait avant les dialectes italiens, c'est que le rôle des dialectes est toujours proportionnel à l'initiative des masses, et l'avénement d'une langue contemporain de l'avénement d'un peuple et que, sur (i) Cette lettre a été Imprimée on 1846, peu après M découverte, par le C, Pietro Martini, membre de l'Académie des sciences de Turin, qui a accompagné le texte d'une dissertation sur l'origine et la valeur du manuscrit et sur l'importance des renseignements historiques qu'il four- nit. ~r~otHena <~ Cagliari. Tiré ïn)~h'ur(:sement a
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