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DIALECTE SARDE

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talie, soumise aux invasions des peuples du Nord.
Les Longobards ne l'ont jamais occupée et si les Os-
trogoths l'ont tenue pendant deux ans sous leur domi-
nation, ils ne s'y sont pas établis, et, par conséquent,
n'ont pu exercer aucune influence sur son état social
et sur sa langue. Mais si le dialecte sarde n'a pas pu
emprunter directement aux idiomes germaniques les
caractères qui le distinguent du latin, n'a-t-il pas pu
les recevoir d'eux indirectement par l'intermédiaire de
l'italien ? Non, et il y en a deux raisons péremptoires
la première, c'est qu'il avait déjà tous ces caractères
dès le milieu du huitième siècle et probablement bien
avant, et que, depuis la chute de l'Empire romain jus-
qu'au neuvième siècle, l'Italie continentale a entre-
tenu peu de rapports avec la Sardaigne et n'a pas
eu sur elle d'action profonde et suivie la seconde,
c'est que la Sardaigne a devancé les autres parties de
l'Italie dans la formation de son dialecte, et que, de
toute l'Italie, c'est elle qui a les plus anciens textes
en langue vulgaire à nous montrer.

S'il était vrai que les invasions germaniques eussent
eu une grande part à la naissance et au développement
des langues romanes, il est clair que la Sardaigne, étant
restée à l'abri de ces invasions et n'ayant pu ressentir
que de seconde main et fort tard leur influence, le dia.
lecte sarde ne serait pas ou serait un des der-
niers. Or, c'est le contraire qui a eu lieu. Le dialecte
sarde est celui qui apparait le premier dans le monde
moderne et le seul qu'on puisse étudier dans une suit~
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