DIALECTE SARDE 31 talie, soumise aux invasions des peuples du Nord. Les Longobards ne l'ont jamais occupée et si les Os- trogoths l'ont tenue pendant deux ans sous leur domi- nation, ils ne s'y sont pas établis, et, par conséquent, n'ont pu exercer aucune influence sur son état social et sur sa langue. Mais si le dialecte sarde n'a pas pu emprunter directement aux idiomes germaniques les caractères qui le distinguent du latin, n'a-t-il pas pu les recevoir d'eux indirectement par l'intermédiaire de l'italien ? Non, et il y en a deux raisons péremptoires la première, c'est qu'il avait déjà tous ces caractères dès le milieu du huitième siècle et probablement bien avant, et que, depuis la chute de l'Empire romain jus- qu'au neuvième siècle, l'Italie continentale a entre- tenu peu de rapports avec la Sardaigne et n'a pas eu sur elle d'action profonde et suivie la seconde, c'est que la Sardaigne a devancé les autres parties de l'Italie dans la formation de son dialecte, et que, de toute l'Italie, c'est elle qui a les plus anciens textes en langue vulgaire à nous montrer. S'il était vrai que les invasions germaniques eussent eu une grande part à la naissance et au développement des langues romanes, il est clair que la Sardaigne, étant restée à l'abri de ces invasions et n'ayant pu ressentir que de seconde main et fort tard leur influence, le dia. lecte sarde ne serait pas né ou serait né un des der- niers. Or, c'est le contraire qui a eu lieu. Le dialecte sarde est celui qui apparait le premier dans le monde moderne et le seul qu'on puisse étudier dans une suit~