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Le conditionnel, qui manque en latin et qui existe eu
sarde, comme dans toutes les langues romanes, y a pris
une forme analogue à celle du futur, et se compose avec
l'imparfait des verbes devoir et avoir. Je mangerais, se
dit dia ~c~ï~e~, dans le dialecte du Logudoro, et
~tM a pappai, dans le dialecte méridional. 'Cette forme
analytique du futur et du conditionnel est très-ancienne
et remonte à l'origine de la langue. Le texte de 740,
que j'ai déjà cité, en fournit des exemples (1). Le passé
défini, qui manque en latin, existe en sarde comme
dans les autres langues romanes; par contre, le passé
indéfini manque dans le dialecte méridional. Dans le
sous-dialecte parlé en Barbagia (2), l'impératif se forme
à l'aide d'un auxiliaire. On ne dit pas beni, viens
mais a benner.

Dans toutes les autres parties de sa grammaire, le
dialecte sarde est conforme aux langues romanes. H
ne tire pas directement, comme le latin, le compa-
ratif du positif, à l'aide d'une flexion il le compose
avec le positif et les adverbes~ïM,MMï?ïCM. Quant au su-
perlatif, il ne l'a pas décomposé comme le français; il
l'a conservé, comme l'italien, sous la forme syntbétique
qu'il avait en latin, et le tire du positif à l'aide de la
terminaison, ssimu ~?MM prudentissimu, saluber-
rimu. Comme les autres langues romanes, il a perdu
le neutre comme elles, il a supprimé un grand nombre
(1) Et ipsu premiu qui Aa< a dari in su chelu. La récompense qu'il don-
nera dans le ciel.

(2) District montagneux du Logudoro.
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