DIALECTE SAt:m: :<1 partir-~ partir -an-partir-<). L'agglutination est main- tenant complète. Mais, dans le principe, la séparation du verbe e~oïr et de l'innnitif, avait. lieu quelquefois, sinon toujours. On en trouve des exemples en portu- gais, en espagnol et dans la langue d'Oc. Au fond, lu. formation du futur dans le dialecte sarde, est la même que dans les autres langues romanes. Seulement, l'ag- glutination du verbe avoir avec l'innnitif n'a pas eu lieu. Et ce qui sans doute a empêché cette agglutina- tion. c'est que l'auxiliaire a été mis avant l'innnitif, au lieu d'être placé après. On ne dit pas en sarde j'aimer-ai, mais j'ai à aimer Actpo a amare; je serai, mais j'ai à être eo ~p' a essere. Cette forme est, comme on voit, beaucoup plus voisine du latin, et elle nous fournit un exemple du premier pas fait par les idiomes romans dans la formation de leur futur (1). Elle n'appartient pas du reste exclusivement au dia- lecte sarde. Le valaque et le roumanche ont aussi re- cours à des auxiliaires pour former leur futur. Pour j'aurai, le valaque dit io voiu ave, et le roumanche tOM veng ad h.aver (2). (1) Lé futur, ~an*! le dialecte Glillurcsè, est un temps simple comme en italien. La terminaison est en aggiu, terminaison qui se trouve quel- quefois sous la forme aggio dans les anciens textes italiens Magnarag- giu, saraggiu, abaraggiu; je mangerai, je serai, j'aurai. Cette forme correspond & celle du latin abo, qui n'est elle-même que la contraction d'Habeo. Hàbeo, j'ai, est en Gallurese, aggiu. (2) Le grec moderne forme le futur comme le valaque au moyen du verbe vouloir. En français on trouve en germe cette forme composée du futur dans plusieurs locutions je dois aller demain nu bai je vais par~ tir dans cinq minutes.