DIALECTE SARDE tement la langue de ses vainqueurs, elle ne peut plier tout d'un coup son organe aux exigences du nouvel idiome; elle le prononce à sa manière et elle y introduit' des sons appartenant à l'idiome qu'elle abandonne. Ainsi les sons étrangers au latin, qui ont pénétré dans les langues romanes, sont un héritage des races primitives qui habitaient l'Italie, l'Espagne, la Gaule, et non point une importation postérieure. Ce n'est pas des .Arabes que les Espagnols tiennent la J~id, car la Jota est plus fortement marquée dans les parties de la Péninsule qui ont toujours conservé leur.indépendance, et elle n'existe point dans la langue portugaise, quoique le Portugal ait été soumis aux Arabes comme l'Es- pagne. La Jota a donc passé des anciens idiomes ibé- riques dans l'espagnol, sans disparaître au passage dans le latin. Un fait analogue a eu lieu en Sardaigne. Les langues que les colons Phéniciens, Grecs, Étrusques, Carthaginois avaient longtemps parlées dans l'île, en disparaissant devant le latin, ne s'effaçèrent pas com- plètement, et elles ont.Iaissé dans la bouche'des habi- tants des habitudes de prononciation qui ont persisté jusqu'à nos jours. Ce sont les africismes que signalait Cicéron, et qui, bien que difficiles à noter pour les yeux, sont aisément perceptibles pour une oreille exercée. Les Sardes prononcent le double D à peu près comme le Th anglais. Ce son revient souvent sur leurs lèvres, car il existe dans tous les mots dérivés du latin qui ont remplacé les deux L~par un double D Pellis, Pelle, Pedde; Mollis, Molle, J~bcMc; dans les diminutifs oit