DIALECTE SARDK
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mière. Car le concours des voyelles est aussi un adou-
cissement des sons, et loin d'être toujours désagréable
à l'oreille, il est fréquent dans les langues les plus har-
monieuses. Le dialecte sarde s'y complait plus que tout
autre. Dans le corps des mots, il retranche les con-
sonnes qui se trouvent entre deux voyelles. De Fabula,
Favola il tire Fa-ula; de Tabula, Tavola, T~-M~c. Au
lieu de Naves, Aves, il dit Aes, ~aM; de Crudus il dé-
rive C~MM; de Medicus, JMet~M; de Pediga, Peiga; de Ego,
7?o (1). Lorsqu'un mot commence par un S suivi d'une
autre consonne~ il prépose à l'S âne voyelle euphoni-
que Istudiu Studio, Studium Ispatiu, Spazio, Spa-
tium. Cette prosthèse est du reste commune aux langues
romanes et plus fréquente en français qu'ailleurs. Il y
en a mille exemples Esprit, Espèce, ~tomac, ~ca-
lier, et le génie de la langue y est si enclin, que le
peuple l'a fait dans les mots où la grammaire ne l'admet
pas ou ne l'admet plus Estatue, Esculpteur. Les sub-
stantifs et les adjectifs latins qui sont terminés au nomi-
natif singulier par une consonne, perdent cette consonne
en passant dans le sarde. Pour ceux qui étaient terminés
en Us il n'y a qu'une seule exception, J9c~. On dit
-SoMM, Die, Pretiu. C'est là, du reste, une forme qu'on
trouve souvent dans l'ancien latin, qu'on rencontre plu~
d'une fois dans Ennius et dans Plaute, et qui, apr~
avoir été considérée comme élégante, fut regardée plu:
(1) Dans le vieux français on disait roont pour rond, de fO ci
napolitain, la solution de L en 0 est ft'cquento dans lu corps des tuota
Halzano, J!ao=aHO.