DIALECTE SAKnE
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que de nos jours, rien n'a contribué à fixer son ortho-
graphe, et il était impossible que son orthographe fût
fixée, le dialecte lui-même ne l'étant pas. On trouve
donc les mêmes mots écrits de façons fort diverses,
suivant l'âge des manuscrits. Et de nos jours même,
sans parler des nuances de prononciation qui existent
pour le môme mot de village à village, et qui légiti-
ment jusqu'à mi certain point des différences d'ortho-
graphes, il n'est pas rare de voir le même mot écrit
différemment par les gens qui le prononcent de même,
les uns, suivant Une orthographe plus conforme àl'éty"
mologie, et les autres eh adoptant une plus conforme
à la prononciation.
Les mots se présentant ainsi sous une forme mobile,
on comprend combien il est parfois difficile de saisir la
permutation de lettres qui a présidé à leur formation.
Cette permutation ne s'est pas moins accompliè suivant
des lois régulières, et peut être exposée systématique-
ment, si on laisse de côté les exceptions, si on se borne
aux traits généraux et si l'on compare toujours la pro-
nonciation et l'orthographe des mots.
C'est ce que nous allons faire en rapprochant les
mots sardes des mots latins dont ils dérivent, et des
mots italiens auxquels ils correspondent.
La tendance que je constate d'abord, celle qui est la
plus générale dans la formation du dialecte sarde, con-
siste à adoucir les sons et à transformer en consonnes
faibles les consonnes fortes du latin. Cette permutation
a lieu dans toutes les 5Yl!abes, aussi bien dans celle