DIALECTE SAKDK
t.s
l'empreinte ineffaçable que la longue domination do
Rome avait laissée sur l'île. Elle tient surtout à l'isole-
ment dans lequel a vécu la Sardaigne. Les envahisseurs
se sont toujours arrêtés devant les montagnes boisées
de l'intérieur, la civilisation commence à peine à y
pénétrer, et les habitants qui s'y étaient retirés y ont
gardé intactes, avec leur indépendance, la langue et
les coutumes de leurs pères. Dans les plaines mêmes
et sur les côtes, les modifications de. la langue n'ont
été ni aussi profondes ni aussi rapides que dans le
reste de l'Europe, l'état social s'étant transformé lente-
ment, et le peuple ayant toujours gardé jalousement
son dialecte comme un patrimoine sacré, sans adopter
les langues officielles des maitres étrangers.
Les mots sardes qui ne sont pas latins viennent à peu
près exclusivement du latin. Sous la forme nouvelle
qu'ils ont revêtue, ils ont tous conservé l'accent qu'ils
avaient primitivement. Les syllabes non accentuées
dans le radical latin ont disparu ou se sont contrac-
tées (1). Mais la syllabe accentuée s'est conservée
comme un fondement inébranlable, comme le cœur
(1) En général, les langues romanes contractent peu et rarement les
tyHabes qui précèdent la syllabe accentuée. C'est dans le français que cette
Dens qui cum potentia irresistibile,
Nos créas et conservas cum amore
Nos substentas cam gratia indefeotibilo,
Nos refrenas cum pena et cum doloro,
Cum fide nos illustras infallibile,
Et nos visitas cum dulco terroro.
Cum gloria premias bonos ineffabile,
Malos punis cum pena intcrminabile, etc.
(Poftne la divine ProeMf'cc. P. Madao.)