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cur comme les destinées dont il devait être l'interprète.
S'il fallait lui assigner une place dans la famille ita-
lienne, je dirais qu'il appartient, avec le napolitain et
le sicilien, au groupe des dialectes méridionaux (1).
Cependant, s'il diffère moins de ces dialectes que des
autres dialectes italiens, il en diffère encore assez, il
a des caractères assez particuliers pour mériter qu'on
le range dans une classe à part.

De tous les idiomes issus du latin, c'est ]*ui qui est
resté le plus voisin du type primitif. Il a conservé un
grand nombre de mots qui n'ont subi aucune altération
depuis le temps d'Ennius et de Caton (2). A Bitti, et
dans quelques villages de la Barbagia, on retrouve à
chaque instant la langue des premiers colons romains
sur les lèvres des paysans. Et l'on a pu écrire d'assez
longues pièces de vers sardes qui sont d'un latin très-
correct, sinon très-élégant (3). Cette immobilité par-
tielle et relative de la langue ne tient pas seulement à
(1) Voyez Be~r~e :Mf ~etttt der ~VeajM~a~c/Wt ~«ttdar<. F. Wen-
trup, in-4", Wittemborg, 1855.

(2) Ces mots sont à peu près au nombre de cinq cents.

(3) Canto pro quale causa

Gemat Sardinia misera.

De tnstu vultn et laonmas

Mandet inconsolabilea, etc.

(Ode /a«e par le Père Madao Ii roccaOo~ du départ d'un vice-roi
de Surdot~ne.)

Mo!am nomen celebre,

Cantet superba Kalaris

Et Sarda terra applaudat

Cum jucunda mcmoria, etc.

(Ode à ~t ~t do <'«rc/t .Ve~atto. P. Madao.)
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