DIALECTE SARDE H) tement sur eux, sans douté, car les pays dans lesquels les Germains ont fondé leurs plus durables établisse- ments, sont ceux dont la langue s'est le plus éloignée du latin. Mais elles n'ont fait pénétrer dans leurs gram- maires aucune forme propre aux langues germaniques, et elles n'ont introduit dans leurs vocabulaires qu'un nombre assez restreint de mots (1). Aussi, loin d'admettre que les langues romanes sont du latin parlé par des Germains, je crois au contraire que sans les invasions germaniques, les langues roma- nes seraient nées de même, sinon à la même époque, auraient, dans leur ensemble, suivi les mêmes évolu- tions et se seraient constituées sur les mêmes bases. III En étudiant le dialecte sarde à l'aide des lois que je viens de rappeler, je ne me bornerai pas à l'examiner en lui-même, et dans le groupe des dialectes italiens; j'exposerai en quels points il confirme et en quels points il modifie les principes généraux que l'examen comparé des autres idiomes romans a permis d'établir, et je re- chercherai s'il n'éclaire pas d'un jour nouveau la ques- (1) Il y a dans toutes les langues romanes réunies environ neuf cent trente mots d'origine germanique sans compter les dérivés. Sur ces neuf cent trente mots, il y en a environ trois cents qui sont commuas a cha- cune de ces langues. Le français en a quatre cent trente qui lui &om. pro- pres, l'italien cent trente. Ainsi l'italien a en tout quatre cent trente mots d'origine germanique, le français sept cent trente.