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DIALECTE SARDE

distinguent, ce n'est que par la physionomie, comme
des sœurs (1), et ces nuances leur viennent du dehors,
des pays dans lesquels elles se sont formées, des cir-
constances qui ont influé sur elles.

L'Italie, l'Espagne, la France, formaient chacune
un groupe de nationalités distinctes qui avaient été
étonnées, mais'non pas détruites par la conquête ro-
maine. Ces nationalités reparurent après la chute de
l'Empire, comme un rocher battu par les flots quand
la marée se retire. Leur résurrection ne fut pas assez
complète pour que les éléments grecs, étrusques,
ibériques, celtiques entrassent pour une grande part
dans la formation de l'italien, de l'espagnol, du fran-
çais~ mais elle ne laissa pas que d'exercer une action
notable, et le caractère que chacune des races avait
conservé sur le sol elle s'était primitivement établie,
réagit sous l'uniformité de la langue introduite par la
conquête et la modifia diversement. Aux différences
morales des races s'ajoutèrent les différences physiques
du sol et du climat, et les différences bien plus impor-
tantes du développement social, et, sous cet ensemble
d'influences, on vit les langues issues d'un type com-
mun, aboutir à trois grandes familles d'idiomes divers.
Dans. la création de ces trois idiomes en général et de
chacun d'eux en particulier, les invasions germaniques
n'ont joué qu'un rôle secondaire. Elles ont agi indirec-

(1) Nec facies, omnibus una
Nec dnersa tarnen~ quaUa decet esse ;;ororum.
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