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pur l'Italie tout entière pour sa langue natiunale (1).
Ce fut là, disons-le en passant, une exception remar-
quable à la règle qui veut que le dialecte de la capitale
devienne la langue littéraire d'un pays. Mais cette
exception s'explique aisément. Car si Rome fut une
capitale morale, elle ne fut jamais une capitale in-
tellectuelle et politique, et si elle exerça sur l'Italie une
influence plus grande que Florence, ce fut uniquement
par la situation des papes dans la chrétienté, par la re-
ligion et l'Église. Or, la langue de l'Église étant morte,
ne pouvait redevenir la langue d'un peuple vivant.
Parvenues ainsi sous l'influence de causes diverses
à dominer les dialectes qui sont congénères à chacune
d'elles, les trois langues romanes, l'italien, l'espagnol,
le français, présentent, lorsqu'on les' compare entre
elles, un ensemble de caractères communs que l'ob-
servation la plus superficielle suffit à constater. Dans
tous leurs traits généraux, dans ceux qu'elles ont em-
pruntés au latin, comme dans ceux par lesquels elles
s'en séparent, elles diffèrent à peine, et il ne pouvait
en être autrement, puisque issues de la même souche
et nées à la même époque, elles ont apporté en naissant
la même constitution, et que, par conséquent elles
étaient destinées au même développement. Si elles se
(1) Le dialecte toscan a réellement constitué le fond de la langue ita-
lienne. Toutefois l'mdieti littéraire n'est pas le toscan il a fait un assez
grand nombre d'emprunts aux autres dialectes de la Péninsule.
Voyez Dante De vulgari eloquentia; et le comte Perticari DeJ amor
patrio di Dante e del suo libro tutorno il to~are etogtno. Parte seconda, in
cui si dichiarano le origini et la storia dolla lingua comune italiana.
Opère. T. I. Bologna, 1838.