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PIALECTE SARDE

maux, ont en elles-mêmes une force, un principe, en
vertu desquels elles grandissent, meurent, se repro-
duisent et auxquels elles ne sauraient se soustraire.
Comme chez les êtres organisés, c'est leur constitution
qui détermine avant tout leur développement. Créa-
tions spontanées de l'esprit humain, la raison, le ca-
price, le hasard peuvent bien agir sur elles, et l'histoire
leur imprimer au passage la marque des événements;
mais elles n'en sont pas moins régies par des lois régu-
lières, absolues, fatales comme l'instinetqui les produit.
Cette régularité se retrouve à la fois et dans les élé-
ments qui les composent, c'est-à-dire dans les mots, et
dans les modes suivant lesquels ces éléments se combi-
nent, c'est-à-dire dans la grammaire.

Non-seulement toutes les grammaires ont un fond
commun (1), parce que l'esprit humain est partout iden-
tique mais, destinées à exprimer, au moyen de formes
variées, les rapports qu'ont les idées entre elles, elles
emploient toujours les mêmes formes pour les mêmes
rapports. En sorte que les règles grammaticales qui
changent avec l'état intellectuel des peuples sont tou-
jours les mêmes chez les peuples qui ont les mêmes
idées, les mêmes sentiments, les mêmes besoins. La
formation des mots ne suit pas des lois moins régu-
lières. On ne peut pas remonter, pour constater ces lois,
à la création des premiers radicaux car les premières
(1) Unter alleu Vœlkern Jer Erde, ist die Grammatik beinahe nu
einerlei Art gebaut. »

Herder t~ dit t/r der SpracA<.
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