DE POUSSIN. 55 jourd'hui à vous écrire. Maintenant que peut- être vous aurez le loisir de lire la présente, je vous assure de ma meilleure disposition, grace à Dieu, et du bon état où sont nos ouvrages. La grande galerie s'avance fort, et néanmoins il y a fort peu d'ouvriers j'ai espérance qu'à votre retour vous vous étonnerez de ce que l'on aura fait. Je me suis occupé sans cesse à travailler aux cartons, lesquels je me suis obligé de varier sur chaque fenêtre et sur chaque trumeau, m'étant résolu d'y représenter une suite de la vie d'Her- cule matière certes capable d'occuper un bon dessinateur tout entier, d'autant que lesdits car- tons veulent être faits en grand et en petit, pour plus de commodité des ouvriers, et afin que l'oeu- vre en devienne meilleure. U faut mémemcnt que j'invente tous les jours quelque chose de nouveau pour diversifier le relief de stuc, autrement il faudroit que les hommes demeurassent sans rien faire ;'mais vous savez combien le beau temps en ce pays ici doit être tenu cher. Toutes ces choses ont été la cause qu'encore je n'ai pu finir le tableau de Saint-Germain, auquel il faut grande- ment retoucher, pour les effets extraordinaires que l'humidité de l'hiver passé y a produits. Mais d'après l'ordre que de nouveau Monseigneur m'a donné de faire le tableau du Noviciat des Jésuites pour la fin de novembre, je -me suis quand et quand résolu d'y mettre la main et de le faire pour ce temps-là, si mes débiles forces me le permet-