DE POUSSIN.
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jourd'hui à vous écrire. Maintenant que peut-
être vous aurez le loisir de lire la présente, je
vous assure de ma meilleure disposition, grace à
Dieu, et du bon état où sont nos ouvrages.
La grande galerie s'avance fort, et néanmoins
il y a fort peu d'ouvriers j'ai espérance qu'à votre
retour vous vous étonnerez de ce que l'on aura
fait. Je me suis occupé sans cesse à travailler aux
cartons, lesquels je me suis obligé de varier sur
chaque fenêtre et sur chaque trumeau, m'étant
résolu d'y représenter une suite de la vie d'Her-
cule matière certes capable d'occuper un bon
dessinateur tout entier, d'autant que lesdits car-
tons veulent être faits en grand et en petit, pour
plus de commodité des ouvriers, et afin que l'oeu-
vre en devienne meilleure. U faut mémemcnt que
j'invente tous les jours quelque chose de nouveau
pour diversifier le relief de stuc, autrement il
faudroit que les hommes demeurassent sans rien
faire ;'mais vous savez combien le beau temps en
ce pays ici doit être tenu cher. Toutes ces choses
ont été la cause qu'encore je n'ai pu finir le
tableau de Saint-Germain, auquel il faut grande-
ment retoucher, pour les effets extraordinaires
que l'humidité de l'hiver passé y a produits. Mais
d'après l'ordre que de nouveau Monseigneur m'a
donné de faire le tableau du Noviciat des Jésuites
pour la fin de novembre, je -me suis quand et
quand résolu d'y mettre la main et de le faire pour
ce temps-là, si mes débiles forces me le permet-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-57962