DE POUSSIN. 43 à la grace reçue, le Chevalier étant sujet origi- naire de Savoie, et ayant eu un frère qui servit personnellement le Duc de Savoie, mari dé Ma- dame, pendant qu'il vécut, en paix et en guerre, et qui y perdit !a vie; outre que lui-même a se- condé, à Rome, les Ambassadeurs de Savoie de i 611. Dès cette époque et depuis, il s'est tou- jours montré très-dévoué aux Ministres de la France et à notre Nation jusques là qu'au com- mencement du pontificat, après avoir été appelé au service du palais, il se trouva quelqu'un qui demanda qu'il en fût exclus, disant qu'il étoit trop Français, et qu'il n'étoit pas convenable de mettre auprès d'un neveu de Pape une personne qui fût tant affectionnée à notre Nation et bien vue des Ministres d'icelle; d'où il manqua peu qu'il ne reçût quelque affront. 'Il semble que ce soit une chose bien dure et peu convenable, qu'une grâce ainsi bien qualifiée ne puisse sub- sister, mais doive céder à un abbé, lequel, ou- tre qu'il est assez pourvu par les graces qu'il a reçues en Piémont, peut encore en recevoir de Sa Majesté un si grand nombre d'autres, par le moyen de Son Éminence, puisqu'il est en un pays ou les vacances sont opulentes et infinies. Mais si l'on ôte au Chevalier dei Pozzo ce qui si justement lui revient, quand et où peut-il es- pérer une semblable récompense, étant les occa- sions rares en Piémont, surtout celles qui joi- gnent Futilité avec un titre honorable, comme est