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gneur (!e Noyers sache t'état où je suis, afin que,
comme je l'espère, il m'excuse, et aie quelque
compassion de ma disgrâce; car je u'oserois croire
qu'il n'eut pas regret d'apprendre la mort de son
humble serviteur, au lieu de son arrivée.
Votre très-obligé a vous servir,
POUSSIN.
A MONSEIGNEUR DE NOYERS.
De Rome, le i5 décembre 1639.
Le devoir de la révérence que je professe en-
vers vous, Monseigneur, m'oblige à vous notifier
la cause de mon retardement. J'étois bien résolu
de vous aller servir, et extrêmement honoré d'en
avoir les occasions; mais la mauvaise fortune
s'est opposée avec violence à l'exécution de mon
devoir, et l'espérance que j'avois de prouver par
les effets mes bonnes dispositions m'a abusé car
je suis réduit en tel état, que je me vois forcé de
changer de dessein, et de supplier votre bonté
de. me dispenser de mon vœu, puisqu'en peu de
temps je suis devenu inutile, ne m'ayant demeuré
que le regret de vivre. J'aurois trop de présomp-
tion, en vous priant de m'accorder cette faveur
insigne, de ne pas reconnoître que j'en serai re-
devable, non a mon mérite, mais à votre béné-