aa LKTTH~S A M DE CHANTELOU. De Rome, le ï3 septembre t63g. Monsieur, je ne sais de qui je dois me plaindre le plutôt, ou de moi-même, ou de la mauvaise fortune. Si j'ai duré de me mettre en devoir d'obéir promptement à mes supérieurs, c'est moi qui ai tort; mais si, m'efforçant d'accomplir ma promesse, j'en suis empêché par des extrêmes incommodités corporelles, dois-je dire que c'est !a fortune, ou que c'est Dieu qui ne le veut pas permettre? 11 y a déjà un bon espace de temps que j'avais délibéré de vous avertir que mon incommodité ordinaire me revenoit plus que jamais; mais la crainte de vous fâcher, et l'es- pérance, qui toujours me trompe, que j'avois de quelques amendements, m'ont retenu jusqu'à maintenant. Je suis forcé, par nécessité, d'avertir qu'après avoir renoncé à toutes mes pratiques, avoir accommodé toutes mes affaires et délibéré de partir, il faut tomber de rechef, je n'ose dire entre les mains des médecins, mais entre celles des bourreaux, qui d'un petit mal m'ont conduit jusqu'à un terme qui me donne fort à craindre pour ma personne. Je vous supplie, monsieur à qui je suis tant obligé, de faire que Monsei-