LETTRES 20 point qu'il ne soit en bonne posture, comme je crois que vous le mettrez et s'il lui est agréa- ble, ce me sera un des plus grands contente- ments qui me puissent arriver. Néanmoins, vous et lui je vous prie de considérer que, dans de si petits espaces, il est impossible de faire et d'observer tout ce que l'on sait; et qu'enfin ce ne peut être autre que comme une Idée d'une chose plus grande: qu'il l'accepte donc telle qu'elle est, en attendant mieux. Vous me sollicitez de partir cet automne sans y manquer; je vous assure que le retarder ici davantage ne pourroit que me tourner à contre, comme l'on dit ici, parce que j'ai renoncé à toutes mes pratiques et même, depuis que j'ai résolu de partir jusqu'à maintenant, j'ai eu l'esprit fort peu en repos, mais au contraire quasi perpétuel- lement agité, pensant tous les jours à mille cho- ses, lesquelles, pour le nouveau changement, me pourroient intervenir. Ne vous ennuyez point de ce que je vous écris; car j'ai estime d'avoir fait une grande folie, en donnant ma parole et en m'imposant l'obligation, avec une indisposition telle que la mienne, et dans un temps où j'aurois plus besoin de repos que de nouvelles fatigues, de laisser et abandonner la paix et la douceur de ma petite maison, pour des choses imaginaires qui me succéderont peut-être tout au rebours. Toutes ces choses m'eut passé et me passent tous les jours par l'entendement, avec un million d'au-