DE POUSSIN. t5 Monseigneur, la libéralité de S. M., et votre bénignité et bienveillance en mon endroit, ont de la proportion seulement entre vous, et non pas avec un si débile sujet comme je sois. Que puis-je faire pour répondre à l'attente que vous avez excitée en ma faveur, et ne'pas rester in- digne des bienfaits que vous avez fait répandre sur moi Ma reconnoissauce se partage égale- ment entre mon Roi et vous, Monseigneur, ou plutôt elle rend tout commun entre vous deux, et me fait attendre avec impatience le moment d'aller vous servir et honorer de toutes mes forces. Pour maintenant,-je ne saurois sinon humblement vous remercier de ce qu'il vous a plu de me faire expédier une lettre de change de mille écus pour mon voyage. Je compte, s'il plaît à votre bénignité, recevoir à Paris la plus grande partie de cet argent, .n'en voulant tou- cher ici qu'un peu, pour subvenir aux choses qui me seront le plus nécessaires. Je me hâterai le plus qu'il me sera possible de vous aller ser- vir car maintenant il ne reste ici que ce qui est le plus matériel, l'ésprit étant déja transporté chez vous pour vous faire humble révérence. Votre, esclave, A MONSEIGNEUR DE NOYERS. De Rome, le POUSSIN.