LETTRES '4 je reçois de votre libérate main, ni même ose espérer tant d'honneur que de me voir fait di- gne par votre grace de servir le plus grand et plus juste roi de la terre. Mais puisqu'il a plu à votre bonté de me faire cet honneur, je tâcherai au moins de ne diminuer en rien la bonne opi- nion en laquelle vous m'avez, et quand et quand je tâcherai de me montrer aussi obéissant que mon devoir le requiert, en faisant toute sorte de dili- gence pour me mettre en chemin de vous aller servir. J'espère, s'il plaît à Dieu, que ce sera l'au- tomne qui vient; et n'eusse manqué de partir incontinent, si ce n'eût été pour ne pas perdre la bienveillance de tant d'honnêtes gens 'qui, par mon absence même, vont être chargés de la pro- tection de ce que j'ai de plus cher en ce monde. Vous me concéderez donc, Monseigneur, encore cette grace, s'il vous plaît, de demeurer ici ce peu de temps, pour pouvoir donner satisfaction ,à mes amis. Que s'il vous plaît d'ordonner autre- ment, pourvu que j'en aie le moindre signe du monde, je n'aurai égard à autre chose qu'à vous obéir comme à mon maître et bienfaiteur, devant qui je m'incline dévotieusement, et prie Dieu de tout mon cœur qu'il lui plaise vous combler de tous les biens désirables. Le plus humble de tous vos humbles serviteurs, POUSSIN.