DE POUSSIN. i3 A MONSEIGNEUR DE NOYERS, CONSEtLLER DU ROI EN SON CONSEIL D'ETAT ET PRIVE, SECRETAIRE DE SES COMMANDEMENTS ET SURINTEN- DANT DE SES MAISONS ROYALES; en Cour. De Rome le 2o Tévrier t63g. Monseigneur, après avoir considéré l'excellence de vos vertus et votre grande qualité, j'étais pour implorer l'aide de quelque homme bien disant, n'osant de moi-même, pour le plus grand respect que je vous porte, vous écrire la présente, ainsi mal polie et rude comme elle est. Mais à la fin j'ai pensé que ce n'est pas ce que vous attendez de moi, qui fais profession de choses muettes; outre que j'ai pensé aussi qu'en l'appareil des magnifiques tables des grands seigneurs, quel- quefois entre les délicates viandes, se peuvent bien entremêler quelques fruits rustiques et agrestes, non pour autre que pour leur forme extraordinaire. Les susdites choses et la confiance que j'ai eue en votre bénignité m'ont poussé à vous écrire ce peu de mots, non que par iceux je puisse faire entendre les extrêmes obligations que je dois à votre infinie bonté. Car elles sont telles, que je n'ai jamais osé désirer les biens que