LETTRES 8 A M. DE CHANTELOU. De Rome, le 19 de février t639. Monsieur, je ne saurais par où commencer à vous témoigner comme je me sens votre obligé; je ne pourrais jamais l'exprimer, quand même ce serait mon métier que de bien dire. Cela est cause que je désire extrêmement d'être plus proche de vous, afin d'avoir plus de commodité de vous faire voir mes sentiments. Mais je me consolerai cependant de ce que la nécessité me retient" ici, en m'employant à un échantillon de ce que je voudrais faire pour vous, et ne dirai autre, sinon qu'après avoir eu la lettre du Roi et celle de Monseigneur de Noyers, je n'ai pensé à autre chose qu'à me partir et obéir promptement; mais à mon grand regret, je suis contraint d'attendre à l'automne prochain. Que si Dieu me le permet, je me mettrai en chemin pour jouir du bonheur de voir et servir mon Roi et mes bienfaiteurs; et vous suppliant monsieur, de me continuer votre bienveillance, je demeurerai éternellement votre très-humble serviteur. POUSSIN. P. S. II vous plaira m'ordonner à qui je dois consigner votre tableau de la Manne, afin de, vous le faire tenir sûrement. Il sera fini pour la mi-carême.