viij AVERTISSEMENT. lecture assez étendue des ouvrages anciens, mais surtout l'art d'y découvrir des sujets qui ne pouvoient y être aperçus, que par un homme fort instruit de tout ce qui regarde la religion et les mœurs des peuples anciens, et ces habitudes locales, d'où résulte la con- noissance du costume moral des personnages qu'on met en scène. Les lettres de Poussin le présentent comme doué d'un sens droit, d'un jugement sûr, d'un esprit sérieux. Ses raisonnements sur la peinture sont pleins de solidité. Mais Poussin étoit trop occupé de son objet dans les étu- des littéraires qu'il rapportoit exclusivement a son art, pour avoir jamais songé à paroitre un homme instruit et lettré en écrivant. On sait qu'il dissertoit il merveille, qu'il parloit avec aisance et très volontiers sur la théorie comme sur la pratique de la peinture mais il est certain qu'il n'a jamais fait d'écrit sur ces objets. La manie d'écrire pour être imprimé n'étoit point celle de son siècle. Plusieurs alors furent d'habiles écrivains sans s'en douter. Un grand nombre de bons ouvrages de ce temps restèrent en portefeuille, et ne virent le jour qu après la mort de leurs auteurs.