FABLES 38 plus graves y sont prononcées, comme jadis en France contre tes prétendus sorciers. Ils étaient précédemment condamnés à l'esclavage et vendus aux Européens leurs biens étaient connsqués: aussi les sorciers étaient alors très-communs sur les bords'du Sénégal; c'était, pour la traite des noirs et pour le trésor des princes, la source la plus abondante. Il suffisait qu'un cour- tisan ou un ennemi dénonçât un individu, pour qu'i! fût enlevé, souvent avec toute sa famille, et livré aux négriers. Depuis que la traite est prohibée, on re- marque que les sorciers sont devenus extrêmement rares qu'en ferait le roi du pays ? ils sont démo- /ÏC~ Les nègres auraient trop de motifs pour être fiers de leur supériorité, s'ils ne croyaient pas aux appa- ritions du diable et à sa funeste intervention dans les affaires de ce monde. Aussi partagent-ils cette fai- blesse générale, comme pour montrer encore, s'il en était besoin, qu'ils appartiennent bien à l'espèce hu- maine. Leur diable est cornu, fourchu, hideux, c'est de rigueur; mais il est blanc par pari y~/cr~r. (10) L'auditoire, avec Iu~, ch&nte, s'émeut ou rit. La gaieté des Sénégalais est très-communicative. ` Il est remarquable qu'assez souvent leurs fables