SÉNÉGALAISES. 35 qu'il ne serait pas possible de les décrire. Ce spectacle grossier a quelque chose qui répugne les sens même en sont peu émus c'est qu'ils ne peuvent l'être for- tement que par les prestiges de l'imagination, ou par les douces séductions du cœur, et qu'un pareil spec- tacle ne parle ni au cœur ni à l'imagination. Il est vrai que les négresses ne paraissent pas y mettre toujours les intentions dépravées qu'on pourrait sup- poser c'est comme une habitude très-ancienne, qui se conserve en quelque sorte innocemment dans le pays; tellement qu'on voit des enfans de six ans exécuter cette danse, certainement sans savoir à quoi elle se rapporte. Les deux sexes ne se mêlent jamais pour danser. Les hommes se livrent. moins que les femmes à cet exercice. Leurs môuvemens sont brusques, animés ils imitent quelquefois les combats, quelquefois l'ivresse ou-la- folie'; ils sont bizarres, mais ils n'ont rien dé gracieux ni d'agréable. (7) L'autre fait de la politique. On ne croirait pas combien les nègres s~occupent des affaires publiques, non-seulement de celles de leur pays, mais encore de celles des peuplades voi- sines. C*est le sujet le plus ordinaire de leurs longues conversations. <