–73-~ » avec toutes les marques du respect on m'assure, princesse, » que vous voulez me voir, dit-U, me voici à vos ordres ». Puis, sans se préoccuper de savoir à qui il s'adresse, il se pose en inventeur et se met à débiter avec emphase le boniment amphi- gourique d'une encre merveilleuse qui se décolore peu à peu et permet, au bout de huit jours, de considérer comme non ave- nues les promesses que l'on à solennellement signées; il donne ensuite à sa femme une sorte de leçon allégorique, dans le genre de celle qu'Hamlet donne, devant la cour de Danemark, à la reine coupable du meurtre de son mari, et enfin, sans attendre de réponse, il salue et rentre rapidement dans sa chambre. » Nous ne savons quelle impression une pareille exhibition peut produire sur la niasse des lecteurs, mais nous pouvons affirmer à M. Malot, qui tient tant cependant à montrer les hom- mes et les choses avec tous les caractères de la fidélité réaliste, que le prétendu aliéné qu'il met ainsi en scène n'a jamais existé et ne r~oo/t~ à <ïMC«~ type connu. » Sans doute, il y a des fous qui éprouvent des hallucinations terrifiantes et du délire de persécutions ce sont des lypémania- ques Il Sans doute, il y en a chez lesquels la mémoire et toutes les facultés sont tellement abolies qu'ils ne peuvent plus reconnal- tre même les personnes qu'ils ont le mieux connues et le mieux aimés, ce sont les déments. H Sans doute enfin, il y en a qui sont disposés à accorder au premier venu des titres illustres et qui se croient complaisam-' ment les auteurs des inventions les plus merveilleuses ce sont des gens affectés de paralysie générale. » Mais si chacun de ces symptômes existe isolément, jamais ils ne coexistent et personne n'a été admis à observer au même moment, pour un même malade, les symptômes réunis de la lypémanie partielle, de la démence et de la paralysie générale. A force de vouloir trop prouver, l'auteur finit par ne rien prou- ver du tout, si ce n~est sa parfaite incompétence en'clinique men- tale. Chose bien remarquableetqui aetle seule ferait reconnaître la fiction, le romancier est venu échouer sur le même écueil que