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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Publisher : Y. Cadoret (Bordeaux)

Date of publication : 1902

Subject : Naturalisme (mouvement littéraire)

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 86 p. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k106376f

Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36931402d

Provenance : bnf.fr

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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106376f/f50


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–56

de Fleury, a toute l'allure d'une intoxication. Nous entendons
parler ici de l'amour « triste, plaintif, dolent », de l'amour tel
qu'il évolue chez les afnnés ou exaspérés, et non du sentiment
« joyeux, alerte, sain, sans remords, sans amertume », assez
peu efficace et fécond, vraiment, comme matière esthétique.
Comme les intoxications précédemment citées, sa caractéristi-
que est de « n'être apaisé dans sa souffrance que par une satis-
faction qui l'entretient et qui l'augmente sitôt après » (1).
L'on peut tracer en graphique précis ses cycles habituels,
évaluer en ordonnées ses exacerbations ou son déclin.
Inutile de citer, bénévoles ou passifs, tous les adeptes de
l'intoxication-amour dans le monde des lettres. Car les grands
artistes furent le plus souvent de profonds amoureux, et depuis
trois cents ans la séméiologie des troubles qu'ils en éprouvèrent
se murmure en prose, se déclame en vers, se chante en musi-
que. Son règne littéraire a vu naître et passer les écoles et les
genres. Jusqu'à présent justiciable seulement d'études empiri-
ques, le voici qui se dose et se mesure, et se schématise. Les
chimistes sans doute vont en tenter l'analyse.

Nous avons déjà ce Disciple (2) minutieux et prolixe ayant
en guise d'humaine cervelle quelque chose comme une « méca-
nique à penser », enregistrante et totalisante. Nous avions encore
la Fin < flirt Em. Pierrot tentait d'illuminer la vieille
trame romanesque des aperçus si ingénieux cités plus haut,
et, textuellement, intercalait des courbes d'exacerbation amou-
reuse. Nous aurons bientôt sans doute le roman-type d'une
telle expérimentation. « Et qui sait, ajoute M. de Fleury, si !e
M* siècle n'écrira pas Werther à sa manière, avec figures dans
le texte, chez un éditeur médical? » (3)

La vérité physiologique y gagnera peut-être, mais l'intensité
d'émotion, l'expression aiguë qui nous charment en l'introspection
moins scientifique de nos poètes d'aujourd'hui seront mortes, des-
séchées. Comme un tracé de sphygmographe exact etglacial.

(1) Docteur Maurice de Fleury, Inlroduction la médecine de ~'Mp)'< p. 352.
(2) Paul Bourget, Le d«e~e.

(3)JT6M.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

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