–36"– réalisme, s'accordent le plus joliment ~tu monde avec un très avéré désir de publicité, de succès. Son exactitude est minu tieuse, ses tableaux cliniques ne seraient pas déplacés au con- cours d'internat. on doit lui-savoir gré de la surabondance même de ses données techniques, en pensant que leur recher- che faillit un jour lui coûter la vie. E)les n'ont, d'ailleurs, pas d'autre intérêt. Il rêvait alors à son roman Un AcaM-cM, por- tant tout entier sur les fous, la folie, les maisons d'aliénés; et dans son zèle il avait prié des confrères de la presse de lui envoyer tons les détraqués 'dont ils pourraient avoir connais- sance « et Dieu sait ce qu'il s'en présenta des inventeurs méconnus, des persécutés, des ratés: les uns doux, les autres plus ou moins violents. Un de ceux-là voulut un jour me faire passer par la fenêtre j'en eus assez et j'engageai les camara- des à ne plus m'en adresser o (t). Dorénavant il ne fréquenta ces dangereux sujets qu'à Charenton ou lieux similaires et jamais plus en pleine liberté. L'observation sur le vif suppose donc parfois certaines pré- ca!< et un préalable entraînement. Or, cette assuétude, plu-
sieurs des plus aigus critiques et « voyants » la doivent à des
études médicales techniques et universitaires. Parfois ébauchées
à peine, elles restent suffisantes pour donner à un cerveàu pré-
destiné l'initiale impulsion, l'esprit d'analyse et de dissection
psychologique. Parfois elles sont complètes et diplômées.
Flaubert avait trouvé, dans sa famille même et mêlées à ses
souvenirs d'enfant, de sérieuses leçons anatomiques son père,
ancien prosecteur à l'hospice de Rouen, habitait un logement
enclavé dans l'Hôtel-Diea et s'était installé un véritable labora-
toire où, quotidiennement, il professait en famille. Gustave Flau-
bert, son frère atné revenu docteur à Rouen, Bouilhet qui com-
(t) Chronique médicale, 15 octobre 1896